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Après le coup d’Etat au Soudan : la remise du pouvoir aux civils pose problème

Omar Al-Bachir, président du Soudan depuis 1989, c’est du passé. Son potentiel dauphin successeur et conspirateur N°1 du coup d’Etat, le ministre soudanais de la Défense, Aouad Mohamed Ahmed Ibn Aouf, a dû renoncer à diriger le Conseil militaire formé après la destitution de l’ex président Omar Al-Bachir.

Malheureusement, le nouvel l’homme de Khartoum n’a fait que 48 h au pouvoir, car contraint de céder les rênes au général Abdel Fattah Abdelrahman Bourhan. Il se fait que celui-ci aussi est aussi soumis à rudes épreuves par les civils. Et voici la junte au pouvoir prise en tenailles entre la volonté de conduire la transition et celle des civils de récolter les fruits de leur combat.

La junte militaire aux mains des proches Omar Al-Bachir parviendrait-elle à garder le pouvoir durant deux ans comme elle l’a souhaité ?

En effet, le premier patron de la junte qui a évincé Omar Al-Bachir, n’a tenu que 48 heures. Il s’agit du ministre de la Défense nommé à la tête du conseil militaire de transition en la personne de Aouad Mohamed Ahmed Ibn Aouf, Celui-ci a démissionné en 48 heures après le coup d’Etat. Il a été remplacé le général Abdel Fattah Abdelrahman Bourhan.

Malheureusement, il se fait que celui-ci aussi ne sait à quel point se vouer. Il est déjà soumis à rudes épreuves aussi bien de la part des civils, fer de lance de la contestation et les puissances occidentales. Tout ce beau monde exige une transition sous la férule des civils.

La substance des positions.

D’abord, il faut signaler que la junte tente de faire croire que l’éviction de Omar Al-Bachir n’est pas un coup d’Etat militaire.

En effet, les militaires au pouvoir démentent avoir mené un coup d’Etat et s’évertuent à rassurer la communauté internationale ainsi que les manifestants qui, eux, veulent leur départ. «Ce n’est pas un coup d’Etat militaire, mais une prise de position en faveur du peuple», a déclaré le général Omar Zinelabidine, membre du Conseil militaire.

Celui-ci a réclamé une aide financière étrangère pour résoudre la grave crise économique ayant déclenché les manifestations contre le régime. «Nous vivons une pénurie de produits de base comme la farine ou le carburant», a-t-il ajouté.

Le président Omar Al-Bachir, qui dirigeait le Soudan d’une main de fer depuis 30 ans, a été renversé, jeudi 11 avril, par un coup d’Etat de l’armée, suite à un soulèvement populaire, et remplacé par un «Conseil militaire de transition» pour deux ans.

A sa tête avait été nommé le général Awad Mohamed Ahmed Ibn Auf, ministre de la Défense depuis 2015, après que celui-ci a annoncé à la télévision d’Etat «la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef. Notre mission essentielle est de préserver la sécurité et la stabilité du pays», a déclaré le général, affirmant que l’armée n’accepterait «aucune atteinte à la sécurité» sur l’ensemble du territoire du Soudan».

Comme on le voit les arguments sont à la fois massues aussi bien à l’endroit des cils que de la communauté internationale pour les calmer. Ce qui n’est pas chose facile.

Eviter les foudres

Pourquoi l’actuelle junte au pouvoir tente de camoufler son forfait et tente de rassurer? Il y a d’abord la détermination du peuple qui n’entend pas cautionner qu’on lui vole sa victoire.

En effet, le peuple révolté depuis quatre mois est plus déterminé que jamais parle de ” mascarade’’ et n’entend donner sa caution à la junte, car selon lui, ‘’le régime n’est pas tombé parce qu’il ramène un nouveau régime et c’est totalement inacceptable”, de l’avis des contestataires. Ce qui fait que de l’avis de ce peuple artisan de la chute du pouvoir de Khartoum, c’est que le ministre de la Défense, Awad Ahmed Ibn Auf et Bachir sont deux faces d’une même pièce”,

Outre le peuple, la communauté internationale n’a pas fait dans la dentelle pour mettre la pression. Dans l’ordre, on a la réaction d’abord de l’ONU, des occidentaux puis de l’Union africaine.

En effet, il faut souligner la position des Nations unies qui réclament une transition “respectant les aspirations démocratiques”. De ce fait, le peuple réfractaire soutient mordicus que le mouvement populaire, unique dans l’histoire du pays ne peut se satisfaire d’une telle issue. “Les manifestants espéraient un appel aux forces vives de la Nation pour intégrer un nouveau gouvernement de transition, à même d’enclencher un dialogue national.

Cependant, ce qui n’est pas le cas. Ce qui fait qu’ au lieu de cela, ce sont des personnalités qui étaient au cœur du régime, et même très proches de Omar Al-Bachir, qui tentent de prendre sa succession. Ce qui est inadmissible selon les manifestants.

Pour ceux-ci, les gens ne veulent pas d’un Conseil militaire de transition. Le changement ne se produira pas avec l’ensemble du régime de Bachir qui a trompé les civils soudanais par un coup d’État militaire. Dès lors, ils exigent qu’un Conseil civil dirige la transition.

Quant à la communauté internationale, il faut d’abord s’intéresser à la réaction de l’Onu. Dans un communiqué qui s’abstient de condamner le coup d’Etat militaire, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, “réitère son appel au calme et à la plus grande retenue de tous”. “Il rappelle ses encouragements et espoirs antérieurs selon lesquels les aspirations démocratiques du peuple soudanais se réaliseraient grâce à un processus de transition approprié et inclusif”, précise son communiqué.

Quant aux pays occidentaux, les Etats-Unis et cinq pays européens ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Soudan: Il s’agit de la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique et la Pologne.

De son côté, l’Union africaine (UA) a critiqué le renversement par l’armée du président soudanais et appelé au calme et à la retenue dans le pays. “La prise de pouvoir par l’armée n’est pas la réponse appropriée aux défis auxquels est confronté le Soudan et aux aspirations de son peuple”, a déclaré le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki.

En effet, la junte est consciente que si elle professait sur tous les toits que c’est un coup d’Etat, elle n’aura pas les coudées franches pour diriger. Et ce pour plusieurs raisons.

En effet, l’Union africaine a les moyens pour la mettre au ban des accusés.. Alors que les textes de l’Union africaine sont clairs en ce qui concerne la violation des décisions d’Alger de 1999 relatives à l’adoption de la Charte africaine de la démocratie des élections et de la gouvernance en date du 30 janvier 2007.

Dans le même ordre d’idée, la junte est aussi contrainte de tenir compte de la déclaration de l’OUA (ancêtre de l’Union africaine) face aux changements inconstitutionnels de gouvernements de 2000. Sans oublier l’acte constitutif de l’Union africaine et le protocole relatif à la création du conseil de paix et de la sécurité.

Comme on le voit, la junte est sait qu’elle ne peut violer le mécanisme de rejet par l’Union africaine des changements anticonstitutionnels de gouvernement.

Résultat, dans ce tournant historique, les soudanaiss jurent qu’ils feront entendre leurs voix et leurs droits pour encadrer la transition qui vient de commencer.

 

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