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Débâcle historique des partis siamois de Patrice Talon : la ‘’Rupture’’ se conjugue déjà au passé !

48 heures après le scrutin tristement célèbre et sinistre du dimanche 28 avril dernier, la communauté internationale se joint désormais à la grande majorité de la population béninoise pour se demander s’il était vraiment nécessaire que le président Talon paie de si lourds sacrifices et prenne autant de risques pour enflammer tout un pays qui l’avait pourtant majoritairement soutenu, adulé et plébiscité dans une liesse populaire en 2016 ? La question interpelle davantage la conscience de tous les panafricains et des démocrates qui ne juraient jusqu’au 28 avril dernier, que par le modèle démocratique béninois.

Telle une fiction, le monde entier a suivi dimanche dernier, les brasiers géants allumés au cœur de violentes manifestations populaires dans plusieurs localités du Bénin. Ces actes de sabotages perpétrés par des populations béninoises désabusées et déchaînées dans une ultime et légitime bataille contre un processus électoral anxiogène et exclusif ont finalement pris l’allure d’un autodafé contre la ‘’Rupture’’ et ses réformes déshumanisantes.

Des voix s’élèvent depuis hier de la plupart des milieux diplomatiques et des institutions régionales et panafricaines pour condamner ce qui est arrivé au Bénin. Certaines de ces voix n’hésitent pas à parler d’«actes de guerre» à propos des affrontements entre la Police républicaine et les manifestants, suivis du lynchage de certains agents électoraux et l’enlèvement d’un officier de police dans la région des Collines.

Des «actes de guerre» qui ont malheureusement répondu à d’autres «actes de guerre» en signe de vengeance et de représailles contre l’arrestation d’une dizaine de manifestants au sein de la population civile.

Pour mieux prendre la mesure des périls du drame qui a frappé la démocratie béninoise dimanche dernier, il faut relire attentivement la succession des événements qui ont marqués la vie politique du Bénin depuis l’accession au pouvoir du régime de la ‘’Rupture’’ en avril 2016.

Alors, tout devient clair que cette débâcle n’est que le résultat de la volonté d’un seul homme, Patrice Talon, qui s’est littéralement opposé à la voix de la sagesse et aux appels venant de toutes les enceintes politiques, juridiques et académiques pour plaider en faveur du bon sens et de la sauvegarde de l’intérêt général du peuple béninois.

On en arrive donc hélas à ce fameux «choc des valeurs et antivaleurs» entre un pouvoir trop prestidigitateur et un peuple aguerri et extrêmement jaloux de sa démocratie. C’est ce «choc des valeurs» devenu inévitable depuis le vote des lois scélérates au Parlement en 2018 qui a finalement précipité la démocratie béninoise dans une chute vertigineuse dont elle ne se remettra véritablement qu’au cours de la prochaine décennie. Tout est allé si vite !

Seulement, on a du mal à comprendre la logique idéologique folle et les motivations réelles de ce régime qui cherche farouchement à inventer une nouvelle forme de gouvernance intermédiaire entre la «Démocratie à l’occidentale» et le «populisme dictatorial».

Les populations béninoises ne se reconnaissent plus réellement dans le système cauchemardesque qui s’affiche des réformes du système partisan, avec deux partis politiques siamois créés de toutes pièces par le pouvoir pour opérer un hold-up systématique sur la 8ème législature de l’Assemblée nationale.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le principe actif réformateur n’a pas fini de dévoiler tous ses secrets. D’autant que la série n’est pas close et qu’après le vote du dimanche dernier, une autre opération de fabrication du taux de participation «in-vitro» a commencé dans les laboratoires de la ‘’Rupture’’, avec en perspectives, de nouvelles révélations fantasmagoriques.

Mais en attendant la prochaine série du «bestseller hollywoodien» qui se joue au cœur de la gouvernance de Patrice Talon, le monde continue de s’interroger sur les motivations réelles des dirigeants d’un pays exemplaire comme le Bénin, qui s’obstinent à échafauder un processus électoral pipé d’avance et précipité dans une course effrénée.

Et il fallait s’y attendre, la course s’est achevée dans le «mur», par une défenestration fracassante dans les 77 communes du pays. Le peuple béninois aurait certainement commis l’erreur fatale de fonder tous ses espoirs sur ce régime qui au départ, brillaient par ses promesses extravagantes, mais qui en réalité n’avait rien de sérieux à offrir aux Béninois et se révèle de plus en plus comme une véritable chimère.

En relisant les archives du nouveau départ, il devient évident que la plupart des discours enflammés prononcés par le candidat Patrice Talon en 2016, enjolivés de charmes et de gestuelles ensorcelantes n’étaient que des affabulations d’un courtisan à la recherche d’un champ d’expérimentation pour des rêves lumineux.

Patrice Talon avait juste jeté son dévolu sur le Bénin pour l’utiliser comme un cobaye dans une série d’entreprises expérimentales dont lui-même et nulle autre personne ne pouvait présager de l’issue. Malheureusement, tous les essais cliniques du chantre de la ‘’Rupture’’ depuis sa prise de pouvoir en avril 2016 ont lamentablement échoué les uns après les autres.

Au nombre des échecs les plus cuisants, la mémoire collective des béninois retiendra les nombreuses tentatives de réforme constitutionnelle qui n’ont jamais prospéré, les balbutiements du PAG qui peine à révéler ses réalisations concrètes aux populations, la manipulation vicieuse de toutes les institutions de la République à des fins inavouées, la fabrication d’une série de lois scélérates à l’Assemblée nationale, jusqu’à l’organisation dimanche dernier d’une «élection in-vitro» qui ne peut raisonnablement qu’accoucher d’une génération inédite de «députés éprouvettes».

Pourtant, dans l’introduction liminaire de son projet de société, le candidat Patrice Talon faisait croire aux Béninois que le Bénin allait mal – déjà à l’époque – et qu’il venait en incarnation divine pour renverser la tendance décadente de l’époque et vaincre la fatalité. Ces écrits semblent aujourd’hui revenir en pleine figure à l’auteur, révélant toutes les qualités artistiques et les talents de philosophe du chantre de la ‘’Rupture’’. Il a l’art d’accoucher des esprits grâce à la maïeutique socratique et au «sophisme tropicalisé» dont il est désormais le seul à détenir le secret.

Cette gouvernance étrange de la ‘’Rupture’’, forgée au laboratoire par les faucons du régime depuis 2016, n’avait pourtant rien d’inéluctable et il est encore temps d’éviter que l’affrontement entre le peuple et le pouvoir ne devienne pérenne jusqu’à la prochaine élection présidentielle en 2021. Car, on en sait un peu plus depuis dimanche dernier sur les restes funestes de ce marché de dupe conclut entre le «régime du nouveau départ» et le peuple béninois en 2016, à la ferveur d’un désenchantement généralisé contre l’ancien régime du président Boni Yayi.

La rébellion incendiaire et ravageuse du dimanche dernier, qui a traversé le Bénin du nord au sud et de l’est à l’ouest, est irréfutablement, l’une des expressions violentes de l’appel au boycott lancé par l’opposition et qui s’est transformé en «référendum déguisé» pour sanctionner le pouvoir avec un taux de participation ridicule qui suscite déjà l’indignation et la colère auprès des partenaires techniques et financiers du Bénin.

Tout porte à croire que le Bénin fait l’objet impuissant d’une prophétie auto-réalisatrice et annonciatrice d’une fin tragique du régime de la ‘’Rupture’’, qui se conjugue déjà au passé dans la mémoire collective des béninois.

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4 COMMENTAIRES
  1. Fracasse dit

    C’est yayi et son parrain qui sont définitivement conjugués au passé.

    1. Ola dit

      C toi qui est maudit enfant batard

      1. Askia dit

        Des soulards et des moribonds enemis du peuple. Mort à eux tous.

  2. Hounsou Segbegnon Antoine dit

    Quelle belle illustration de situation de notre cher pays décrite avec les mots justes. Oh que j’ai envie de pleurer sur le sort de ma patrie que j’aime tant ! Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Savez-vous pour ne prendre que cet exemple, ce qui a conduit à la guerre civile en Côte d’Ivoire ? J’ai vécu la crise ivoirienne du début jusqu’à la fin et je pourrais vous la raconter dans moindre détails. Le 22 septembre vers 20 heures, alors que rentrais à la maison à Abobo (Abidjan), j’ai vu un mouvement anormal de la police et la gendarmerie alors que je passais devant le camp Agban. C’est sur cette voie que l’on retrouvera le lendemain matin le corps d’un grand chanteur ivoirien. Personne n’imaginais que cette crise survenue cette nuit là allait aboutir à la partition du pays et ensuite la crise postelectorale de 2010 n’est que l’apothéose. Mais au juste qu’est ce qui a conduit à cette succession de malheurs sur la côte d’ivoire ?”l’exclusion” oui vous l’avez bien entendu :l’exclusion. On a des Présidents de pratiquement tous les pays de la sous défiler en Côte d’Ivoire pour donner des conseils à Laurent Gbagbo. On a vu aussi se lever spontanément des nationalistes comme aujourd’hui au Bénin les “Nago, Amoussou et consort” qui confortaient le président dans position. Je sme souviens comme si c’était hier les gens se relaier dans les colonnes des journaux : “Nous n’avons de leçons à recevoir de personnes ! Notre pays est souverain ! Les deux situations se ressemblent dangereusement et j’imagine que personne n’y pense. Ressaissons nous ! Pendant qu’il est temps, cessons de mentir à Talon. Nous l’avons porté au pouvoir, disons lui la vérité. Il est encore possible de d’éloigner de notre nation ce tableau diabolique !

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