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Déforestation : l’industrie pharmaceutique en subit les conséquences

La déforestation a un impact sévère sur l’industrie pharmaceutique étant donné que jusqu’à 50% de l’ensemble du marché mondial, évalué à 826 milliards d’euros, provient des ressources génétiques.

Le monde a perdu 12 millions d’hectares de sa couverture forestière en 2018, selon un rapport récent de l’Université de Maryland publié sur le Global Forest Watch. Ceci représenterait donc une perte des matières premières de 50% pour l’industrie pharmaceutique puisque, selon les experts, les plantes sont une sources d’inspiration sans cesse renouvelée pour les chercheurs.

Au Bénin, où la couverture forestière totale est estimée à 4,62 millions d’hectares, soit 42% du territoire national, le rythme annuel de déforestation varie entre 70 000 et 100 000 hectares, déracinant ainsi parfois des plantes médicinales précieuses qui pourraient servir dans la fabrication des médicaments.

De 1978 à 2010, le Bénin a perdu près de 85% de ses forêts denses et plus de 30% de son couvert végétal avec un fort taux de déforestation dans la sous-région africaine, selon un rapport de la FAO publié en 2010.

«Le plus grand problème de gens qui coupent illégalement les arbres de déracinent les plantes c’est l’ignorance. Ils ne savent pas que certains arbres et plantes qu’ils détruisentont des pouvoirs médicinaux qui devraient êtreprotégéset conservés jalousement pour servir de matières premières dans les laboratoires pharmaceutiques», a déclaré Paul Amavi, un activiste de l’environnement.

Biodiversité

L’exemple typique de l’importance de la biodiversité sur l’industrie pharmaceutique est celui du Dr Valentin Agon, l’inventeur béninois du médicament antipaludique Api-palu, fabriqué à base d’extraits de plantes naturelles.

La revue de géographie du laboratoire Leidi rapporte dans son édition de décembre 2015 qu’au Bénin, sur les 3 000 espèces de plantes inventoriées dans les écosystèmes forestiers, 172 sont consommées par les populations locales comme plantes alimentaires et 814 comme plantes médicinales.

«Je crois fermement qu’il en y avait plus que ça dans la période coloniale jusque dans les années 80 lorsque le rythme de la déforestation commença à augmenter. Il se peut qu’on ait perdu des centaines de plantes médicinales très utiles pour notre santé», a ajouté Paul Amavi.

Nature sauvage

«L’industrie pharmaceutique utilise toujours de nos jours la nature sauvage comme source principale de molécules. Deux tiers des médicaments proviennent directement de l’exploitation de plantes à l’état naturel. Plus de 500 organismes marins ont déjà été recensés comme producteurs de substances anticancéreuses», affirme l’association Zéro Déforestation – Terres en Péril, basé en France.

«L’industrie pharmaceutique est le seul acteur capable de sauver la biodiversité tropicale, tant ses besoins, les enjeux économiques et la valeur ajoutée y sont importants», a estimé le botaniste Francis Hallé.

Face à cette montée spectaculaire de la déforestation, le gouvernement de Patrice Talon a entrepris de faire de la conservation de la biodiversité, la protection des ressources naturelles et la valorisation des ressources forestières son champ de bataille dans le cadre de son PAG 2016- 2021. Il s’est aussi engagé à améliorer la gouvernance globale du secteur forestier et à développer des outils et pratiques efficaces de gestion durable des ressources forestieres.

Par Issa SIKITI DA SILVA

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