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Des béninois apprécient : Entre critiques et approches

A l’occasion de l’installation de la 6ème mandature de la Cour constitutionnelle, votre journal a décidé de recueillir les impressions de nos lecteurs en guise d’altimètre. Dans ce micro-trottoir, ils ont aussi bien analysé le mandat de Théodore Holo de même que celui de Joseph Djogbénou qui s’annonce. A la question la Cour finissante a-t-elle comblé les attentes ? Que doit faire celle qui va s’installer pour l’enracinement de la démocratie ? Lisez-ci-dessous leurs avis.

Nikita Ekué, Paris France

«Théodore Holo a été un gardien du Temple».

« Pour nous qui avions été parmi ses étudiants avant d’aller en Europe, à son élection comme président de la 5ème Cour constitutionnelle du Bénin, on a avait parié qu’il sera à la hauteur de la tâche. Il n’a pas déçu et c’est à son actif.

Pendant cinq ans, en plus des cinq ans lors de la Cour Robert Dossou, on a senti son attachement aux idéaux du père concepteur de notre loi fondamentale en occurrence Maurice Ahanhanzo-Glèlè. On connait l’influence tutélaire que cet éminent homme de droit et constitutionnaliste chevronné a sur Théodore Holo. A la tête de la Cour constitutionnelle, celui-ci ne pouvait donc que s’inspirer de la ligne cardinale de Maurice Ahanhanzo-Glèlè. Comme il a suivi cette ligne il a bien fait les choses et ne s’est donc pas égaré.

Vous avez vu comment avec ses pairs, il a su faire face à cette question principielle du retrait du droit de grève. Je pense que la décision DCC 18¬-001 du 18 janvier 2018 par laquelle la Cour constitutionnelle a rétabli le droit de grève aux travailleurs, a démontré à plus d’un titre qu’il est un gardien du temple. Je lui souhaite bon repos et s’il n’a pas encore faire valoir ses droits à la retraite qu’il reprenne les cours à l’université ».

Nassirou Nala Agboola, New York

«Grâce à Holo, la Cour a été la seule institution de contre-pouvoir non vassalisée »

« Quand Patrice Talon a pris le pouvoir et dynamitait les institutions de la République, j’ai été surpris de constater que c’est la seule qui n’a pas fait allégeance à la ‘’Rupture’’. Toutes les autres « étaient dans la sauce » comme on le dit trivialement au Cameroun. Et à cette étape de notre histoire où la vassalisation des institutions était évidente, il a résisté contrairement à Adrien Houngbédji de l’Assemblée nationale et à Adam Boni Tessi de la Haac surtout qui sont passés à la cathode. Il faut l’en féliciter».

Jérémie Djigla, USA

« Le bilan de Holo est mitigé. Il a commis deux erreurs graves»

« Le président Théodore Holo va passer le témoin à un nouveau président à la tête de la Cour constitutionnelle pour la 6ème mandature. Si on doit le remercier pour n’avoir pas vendu son âme de démocrate, cependant, je pense que son bilan est mitigé, car il a commis deux erreurs graves. La première est relative à sa fameuse décision de « 39 ans + un jour » sans oublier la décision de la Cour qui a permis à Patrice Talon en tant que chef de l’Etat d’acheter un domaine de l’Etat.

Si la première décision intervenue à la veille de la présidentielle de 2016, a été rapidement jetée à la poubelle, la deuxième quant à elle aura des conséquences à la longue par rapport à la gestion du pays. En effet, avec cette décision d’achat de domaine de l’Etat, les prochains présidents de la République peuvent en profiter pour faire main basse sur des biens fonciers du pays. Mais en dépit de tout, le professeur Holo a fait honneur à son rang ».

Mohamed Gounou, France

« N’oublions pas que le président Holo a fait le jeu de Talon au début puis… »

« Contrairement à tous les admirateurs de Théodore Holo, j’ai été déçu. Je voudrais insister sur un détail qui n’a l’air de rien. Au début, j’ai eu l’impression que Théodore Holo et Patrice Talon étaient sur les mêmes longueurs d’onde. Et c’est ce qui selon moi a motivé cette décision de la Cour qui sort de l’entendement. Il s’agit de la décision relative à l’achat du domaine de l’Etat par Patrice Talon.

J’ai l’impression que c’est depuis cette décision que les proches du régime ont commencé par faire main basse sur les pans les plus juteux de l’économie béninoise. Je ne sais pas pourquoi le président Holo a pu prendre cette décision. En son âme, il doit être en train de regretter, car c’était une décision en violation flagrante de la Constitution. Quand, l’auguste institution viole elle-même la loi fondamentale, c’est regrettable.

Cependant, il faut remercier le président Holo par rapport à ses principes qui ont permis l’enracinement de notre démocratie. Je pense notamment à la décision DCC 18¬-001 du 18 janvier 2018 par laquelle la Cour constitutionnelle a rétabli le droit de grève aux travailleurs ».

Nobert Lahami

« Si le président de la Haac a suspendu un journal pour insulte au chef de l’Etat, il devait fermer tous les journaux qui ont injurié le président Holo en janvier 2018 »

« Je félicite le président Théodore Holo qui est à la fin de sa mission. Je veux aussi le féliciter pour sa sérénité durant la cabale dont il a fait l’objet lorsqu’une partie de la presse qui soutient le gouvernement, l’insultait.

En effet, suite à la décision DCC 18¬-001 du 18 janvier 2018 par laquelle la Cour constitutionnelle a rétabli le droit de grève aux travailleurs, le président Holo a fait l’objet d’une campagne médiatique d’insultes. Deux semaines durant après cette décision, une presse à la solde du gouvernement l’a vilipendé. Il a été traité de tous les noms d’oiseaux. Cependant, il n’a assigné personne et a gardé son calme.

Mieux, on avait cru que son collègue le président de la Haac, Adam Boni Tessi, qui vient de suspendre le journal ‘’La Nouvelle tribune’’ allait tout au moins faire des auditions publiques pour arrêter les dérives, mais rien n’y fit ».

Nourou Damala, Afrique du Sud

« Joseph Djogbénou, n’a pas le choix, il ne pourra pas faire comme au ministère de la Justice »

« Tout le monde est inquiet depuis la désignation par le bureau de l’Assemblée nationale de ses quatre représentants dont le professeur Joseph Djogbénou. Celui-ci a déçu, car depuis sa nomination au ministère de la Justice, il a défendu des positions insoutenables. Mais entre ce département et la Cour constitutionnelle, il y a une démarcation. A la Cour, il doit motiver à chaque fois ses décisions contrairement au ministère où il défend la position de fin limier. Je n’ai donc pas peur. Le professeur Joseph Djogbénou n’aura pas les coudées franches pour faire autre chose que la Constitution. Joseph Djogbénou, n’a pas le choix, il ne pourra pas faire comme au ministère de la Justice ».

Jocelyn Sinha, Dakar (Sénégal)

« Je fais confiance au professeur Djogbénou »

« Il est au sommet de sa brillante carrière qui n’est pas encore finie. Nous qui étions ses admirateurs depuis le campus de Calavi dans les années 1990 où il fut le président de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (FNEB), ne sommes pas déçus. Il vient de nous montrer que la lutte paie. Que ceux qui le critiquent soient modérés. Quand on parle de réformes, il faut bousculer l’ordre établi. Et c’est ce qu’il a fait au ministère de la Justice. A la Cour constitutionnelle, il va suspendre, car c’est un républicain. Je lui fais confiance ».

Aziz Coles, Abidjan (Côte d’Ivoire)

« J’ai peur pour la démocratie béninoise »

« Si les pronostics ne sont pas démentis, Joseph Djogbénou au regard de ses liens trop poussés avec Patrice Talon, sera le prochain président de la Cour constitutionnelle. J’ai peur pour la démocratie béninoise.

Et dès sa prise de pouvoir à la tête de l’auguste institution, je crains que cette tutelle ne rejaillisse sur sa gestion de la Cour constitutionnelle. En effet, le tandem Talon-Djogbénou après son cuisant échec de la révision de la Constitution le 04 avril 2017, va ramener tous les points iniques de ce projet de loi rejeté.

Et vous voyez la coïncidence troublante qu’on a déjà. A quelques jours de la prise des rênes de la Cour constitutionnelle par Joseph Djogbénou, il y a déjà une proposition de loi relative au code électoral qui serait dans les arcanes du Parlement. Ce code en son article 12 défraie déjà la chronique.
Si Adrien Houngbédji donne sa caution pour ce texte rédhibitoire, il ne faut même pas envisager quoi que ce soit de la part de Joseph Djogbénou en matière de contrôle de constitutionnalité. Tout passera comme une lettre à la poste. Les prochains jours vont nous permettre d’apprécier la lecture des choses de la part de Joseph Djogbénou ».

Raïssa Sènouvo Abidjan.

« Que Djogbénou prenne d’abord les charges puis on appréciera»

« En matière de contrôle de constitutionnalité, notre arsenal juridique est clair. A cette étape, sa marge de manœuvre est réduite. En effet, en matière de contrôle de constitutionnalité, il faut motiver les décisions. Et comme tous les béninois connaissent de plus en plus par cœur la Constitution du Bénin, si le professeur Djogbénou se perd dans des considérations politiques biaisées, l’opinion nationale appréciera. Que Djogbénou prenne d’abord les charges de la Cour constitutionnelle puis on appréciera».

Propos recueillis par : Murielle MENSAH, correspondante aux USA, Luc GUIDIBI, correspondant en Afrique du Sud, Germain TEKLY, correspondant à Paris, Frédéric TOURE, Correspondant en Côte d’ivoire et Blanchard LAWSON, correspondant au Sénégal

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