BÉNIN24 TÉLÉVISION
L'actualité en continu et en temps réel

Editorial du jour : a vaincre sans péril…

Le scrutin des législatives du 28 avril 2019 a eu lieu. Il est rentré dans les annales. Entre Patrice Talon qui a organisé ce passage en force en guise de scrutin et le peuple qui a boycotté les urnes en lui flanquant un cinglant désaveu, qui a gagné ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour

La démocratie ‘’mode Talon’’ est désormais là. On ne peut plus l’ignorer. Depuis hier, c’est une évidence. Ce n’est pas pour rien que Patrice Talon était dans un caftan bleu azur en signe de victoire.

Elu à 65% en 2016, quel est actuellement son audience ? Le scrutin d’hier nous en donne une grille de lecture. En effet, le faible taux de participation du peuple a son scrutin (entre 15 et 20%) démontre à plus d’un titre que Patrice Talon est loin d’être le gagnant du scrutin d’hier.

Dans ce processus électoral biaisé, a-t-il un instant pensé à la victoire du peuple souverain ? Si j’en suis persuadé lui qui sait que les dividendes pour lui, ce n’est pas le faible taux de la participation, mais sa révision de la Constitution.

En effet, face aux coups fourrés d’un régime impopulaire, le peuple n’a pas abdiqué même s’il a combattu à armes inégales au regard de la disproportion des rapports de forces. Face à un Patrice Talon qui avait les moyens de sa politique, le peuple béninois n’a rien pu faire, car les autres institutions de la République déjà vassalisées, ont été davantage infantilisées. Et dans ce processus électoral décousu, on a vu la partition de la Cour constitutionnelle et celle de la Cena. La suite, on la connait.

Face à la négation de la démocratie et au déni du droit et surtout face aux arrestations arbitraires et extrajudiciaires, on a vu un peuple. Face au climat de terreur instauré par le ministre de l’Intérieur qui juré de bruler ses compatriotes et qui aussi a joué pourrissement avec la délivrance des certificats de conformité, le peuple béninois a été un peuple homérique.

Son crédo a été plus qu’une ‘’arme de destruction massive’’ pour reprendre cette expression récente de Patrice Talon. «Je boycotte les législatives, je pose un acte non violent mais démocratique».

C’est simple formule d’un peuple meurtri en guise de riposte, a déjoué les pronostics des puissants.

En outre, face à l’anarchie institutionnelle érigée en système de gouvernance par un pouvoir impopulaire qui craignait le vote sanction, le boycott a terrassé l’adversaire. Et voici le ministre de l’Intérieur qui a reconnu hier implicitement la victoire de la déferlante du faible taux de participation.

«Quand les riches volent les pauvres, on appelle cela des affaires. Quand les pauvres se défendent, on appelle cela la violence», a laissé à la postérité, Mark Twain dans «l’anti médias».

Mais en dépit de tout, Patrice Talon doit être aux anges, car il a réussi son coup. Son prochain objectif, c’est la révision de la Constitution pour parachever sa ‘’démocratie’’ qui laisse au Bénin un champ de ruines.

Mais à sa ‘’Rupture’’, on aura jamais la rupture de vivre ensemble. A sa ‘’Rupture’’, on aura jamais une frange importante qui va opposer les uns aux autres.

Quoi de neuf en ce moment où un nouveau boulevard se dresse devant lui avec la révision de la Constitution imminente et imparable. Mais avant tout, un peuple béninois téméraire peut continuer par fêter sa victoire.

Par Titus FOLLY

Rejoignez-nous sur Facebook
Nous sommes aussi sur Twitter
Application Android

Disponible sur Google Play

 

Immobilier Bénin

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS À LA UNE

ACTUALITÉS À LA UNE

CAN 2019

CAN 2019

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre adresse email ne sera pas publiée.