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Editorial du jour : Cena, pour un malheur pour un bien

«Si seulement pour la validation des listes, la Cena se permet de faire des traitements de faveur aux partis du chef de l’Etat, qu’en sera-t-il, quand il s’agira des élections proprement dites, de la collecte des résultats et de la proclamation des grandes tendances ?». Ainsi, s’interrogeaient les responsables du parti FCBE. Légitime préoccupation ou procès d’intention ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

La situation malheureuse ou heureuse du PRD a donné aux béninois des sueurs froides. Grâce à la disqualification de la liste de Me Houngbédji et suite aux révélations des responsables de son parti, on a compris beaucoup de choses. Et c’est surtout par rapport au processus d’étude des dossiers par la Cena.

En somme, au regard des dénonciations du PRD, c’est que l’institution en charge des élections a donné l’impression qu’on est dans un univers qui se recompose selon des lignes de forces différentes. Ce qui vaut en 2016 ne l’est plus en 2019. Bon le code électoral biaisé est passé par là. Mais cela ne suffit pas pour tout expliquer.

Et comme des ‘’historiens’’ (pas de la trempe du président de la Cena), les janissaires du PRD ont fait ce travail consistant à débusquer ce qu’on peut appeler les facteurs saillants. Et preuve à l’appui, ils ont expliqué par exemple «l’approche domestiquée sur commande». En somme, ce qui est valable pour le PRD ne l’est pas pour le Bloc républicain ni l’Union progressiste, deux partis sortis des entrailles politiques de Patrice Talon.

Et nous voici face à la grande polémique. La Cena comme institution neutre et impartiale est-elle devenue une actrice politique dominante ? Le coup est dur à digérer. Et c’est à juste titre que les responsables de FCBE se demandent : «Si seulement pour la validation des listes, la Cena se permet de faire des traitements de faveur aux partis du chef de l’Etat, qu’en sera-t-il, quand il s’agira des élections proprement dites, de la collecte des résultats et de la proclamation des grandes tendances ?».

Face à ce discrédit, faut-il déchanter et trouver un nouveau cadre conceptuel qui permettra de saisir la trame qui définit correctement les élections. Angélisme ! Mon angélisme s’arrête là.

En effet, sous les tropiques de la ‘’Rupture’’, la Cena ne peut que diffuser en permanence des contrevaleurs. Mais en le faisant, elle ne peut que détruire sa légitimité auprès d’une opinion publique dont il faut sans cesse regagner les faveurs.

La Cena peut-elle encore le faire avant le 28 avril 2019 ? Elle n’a pas le choix, il faut vite rassurer contre toutes ces manœuvres de tripatouillage de l’expression du peuple dans les urnes.

Certes, cette exigence est nécessaire mais pas suffisante pour comprendre ce phénomène qui s’empare des prochaines législatives après cinq ans d’existence de la Cena. Depuis avril 2016, sous nos yeux, il y a un espace public et qui se détache volontairement des principes de valeurs. On doit donc sans trop dédouaner la Cena en tirer les conséquences politiques.

Cinq ans avant, elle a pu produire de l’efficacité dans un espace plus viable en dépit des arrangements politiques et sociaux d’alors. Autres temps autres mœurs. Maintenant, elle doit donner le tempo d’une musique souvent coproduite par un régime qui n’a pas de lignes rouges. Face au monopole de la provocation de ceux qui croient avoir la science infuse, la Cena doit éviter que la résignation laisse place à la révolte…

Mais au-delà de tout et si on remerciait la Cena d’avoir bien joué le jeu en homologuant les deux listes de Patrice Talon ? Sans «ce coup d’audace», l’élection sans l’opposition allait se dérouler sans ambages. Je vois donc le verre à moitié… qu’à moitié vide.

Par Titus FOLLY

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