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Editorial du jour : De Cotonou à Khartoum

On nous parle ces derniers jours avec une sinistre régularité des contingences survenues à Khartoum. Là-bas, les forces de sécurité et de défense du Soudan ont tiré sur des manifestants non armés le 03 juin dernier.

Mais avant Khartoum, c’est Cotonou qui a marqué les esprits avec la ‘’Rupture-animosité’’ qui a réprimé dans le sang, les manifestants à Cadjèhoun. Contrairement au Soudan où il y a eu un tollé général avec en prime une forte réaction de l’Union africaine, au Bénin, tout s’est passé dans la mollesse. Pourquoi cette différence de traitements entre le Soudan et le Bénin ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

On a encore en mémoire le vers du célèbre poète chilien, Pablo Neruda. «Venez voir le sang dans les rues. Venez voir. Le sang dans les rues. Dans les rues !…»

A Khartoum et à Cotonou (Cadjèhoun), il y a eu effectivement «Du sang dans les rues». A Khartoum avec 118 morts, c’est certes un bilan à l’exponentiel de celui de Cotonou, Ici, on ne saura jamais la vérité. Car tout a été mis en branle pour éviter les calculs macabres d’apothicaires.

Si au Soudan, la communauté, internationale a de manière véhémente donné de la voix, avec en prime l’embargo décrété par l’Union africaine qui a suspendu la junte au pouvoir, au Bénin, on n’a eu que de timides réactions. Pourquoi ?

En effet, dans un contexte de renoncement inacceptable de la démocratie, il se fait que ce sont ceux qui sont responsables de la crise qui tiennent à donner la cadence des choses. Et en la matière, Patrice Talon a eu plus de chances que le patron de la junte au pouvoir sous la férule du général Abdel Fatah al-Burhan.

Et sous cet angle de traitement, si Patrice Talon réussit là où le chef des putschistes soudanais est mis en quarantaine, c’est que le chef d’Etat béninois bénéficie «de la politique de non-assistance à peuple en danger». Ce qui lui permet d’éviter les coups de fouets diplomatiques.

Mais en adoptant une approche réfléchie, il suffit de visiter le carnet d’adresses de Patrice Talon pour comprendre comment a-t-il pu échapper aux sanctions pour le moment ?

En effet, si Patrice Talon qui vit presque une autarcie diplomatique arrive à éviter les rebuffades, soit il a un secret, soit quelque chose ne tourne plus bien sur le damier diplomatique. En effet, depuis trois ans, il ne voyage presque pas. Il reçoit rarement des chefs d’Etat étrangers. Il boude tous les sommets. Néanmoins, en dépit de ses velléités dictatoriales, quelques rares voix à l’international montent au créneau pour le désavouer.

Mais au-delà du système international étatique, comment Patrice Talon fait-il pour tenir ? Fait-il recours à des Etats qui le protègent en sourdine ? Ou bien fait-il appel à des acteurs non étatiques de la scène internationale comme le font tous les dictateurs qui se servent des multinationales, des mouvements technocrates, des ONG… ?

Comme on le voit, cette thèse ne tient pas la route, car elle ne nous donne pas de solides lignes d’analyse. On retient qu’il y a un désintérêt de la part des grandes puissances qui ne s’intéressent pas à la crise politique au Bénin.

Tout porte à croire au regard des impératifs de convoitise des grandes puissances, déclarées, reconnues ou émergentes, méconnues ou encore à confirmer, que le Bénin n’est pas identifiable ou identifié en matière d’intérêts économiques stratégiques. Ce qui n’est pas le cas du Soudan quand on sait que ce dernier est un producteur d’or noir en puissance. Et qui en 2016, a exporté pour 9,69 milliards USD de produits pétroliers….

Sur l’échelle des pesants pour les grandes puissances, le Soudan offre des avantages certains plus que le Bénin. Ceci peut donc expliquer cela.

Par Titus FOLLY

 

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