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Editorial du jour : Respect du droit, c’est pour les autres

Faut-il féliciter Patrice Talon pour avoir reçu une partie de l’opposition tout en désapprouvant son juridisme béat qui veut conduire le Bénin dans le gouffre? Dans l’exercice de l’éditorial du jour, cette question sera appréciée sous toutes les coutures.

Patrice Talon a reçu une partie de l’opposition. C’était le mardi 25 février dernier au palais de la Marina. Dans la forme, il l’a fait dans le politiquement correct. Et dans une certaine mesure, c’est à son actif.

En effet, sous nos tropiques où les satrapes, les beys et autres proconsuls des Etats africains ne veulent ni voir, entendre et écouter les acteurs de l’opposition, il a réussi à surmonter son moi, son moi trop ‘’fort’’ pour échanger avec certains acteurs de l’opposition. Surtout que dans le rang de cette dernière, il y a le redoutable et redouté Candide Azannai devenu son adversaire le plus viscéral et qui jure chaque jour que Dieu fait qu’il portera l’estocade à Patrice Talon.

C’est tout. Après cela, on peut circuler, car on n’a rien à mettre sous la dent surtout ni s’embarrasser de gants pour mesurer le danger qui plane sur une pareille rencontre dont le fond n’est qu’un juridisme béat. Il est une expression qui consiste à chuchoter derrière un paravent les textes, sans jamais l’appliquer soi-même.

En effet, pendant trois heures d’horloge, il faut déplorer la position confuse de Patrice Talon. Mieux, cette position est teintée d’un formalisme radical dont le reflux des flots fait apparaître ce qui était à nos yeux, son angélisme par rapport au respect du droit positif béninois. «Quand l’hôpital se moque de la charité !», a dit l’autre.

En effet, on est profondément gêné de voir Patrice Talon dans cette posture, lui qui depuis 35 mois a été très volontariste quant à la violation de la Constitution qu’il fait propulser sur de bien fragiles pilotis.

Comme le dit un adage jeune : « Il faut appeler un chat un chat ». En effet, depuis le début de son règne, Patrice Talon n’a fait qu’exceller dans le non-respect des décisions de justice. Cette dernière est depuis lors ce ‘’machin’’ déjà tué dans l’œuf à défaut d’être un monstre de douleur qui n’est plus en gestation et qui risque de dévorer jusqu’à ses propres géniteurs. Comment demander à des compatriotes de respecter la loi quand on la viole quotidiennement soi-même ?

A ce stade de la compétition, et en attendant d’y voir clair avec la décision de la Cena en ce qui concerne les dossiers qui lui seront soumis, il ne faut ni tergiverser, ni verser dans l’euphémisme, ni se mélanger les pinceaux, Patrice Talon se sert de son juridisme béat comme une arme contre les opposants.

Quant aux adjuvants de sa recette alors que la violation était déjà les moyens mis en vitrine par son régime, son juridisme béat ne relève que de la gestion marketing d’un vadémécum de mauvais aloi mais efficace, et très efficace Il ne peut en être autrement. Et pour cause !

En effet et en vertu du théorème de la lampe torche qui dit que «tout cercle de lumière puissamment orienté sur un sujet génère par contraste une obscurité profonde hors du halo», l’attention de l’opinion publique a été habilement détournée et orientée.

Et finalement, c’est sur l’aspect juridique de la problématique du respect des textes pour participer aux élections qu’on s’est retrouvé.

La stratégie a consisté donc à détourner le légitime questionnement sur la mise en pratique des rajouts de la Cour constitutionnelle et ce en violation du code électoral. Une stratégie payante, car le silence prudent sur le sujet a fait le reste.

Et nous voilà face à la déferlante des motivations réelles, déferlante qui s’obstine à éteindre la volonté d’agir ensemble pour l’enracinement de la démocratie. Que faire ? Question à qui de droit.

Par Titus FOLLY

 

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1 COMMENTAIRE
  1. nana bozo dit

    Le journalisme, c’est relater des faits au peuple en des termes clairs, simplement compréhensibles par tous. Béat, vade-mecum, théorème de la lampe torche….. Concours d’éloquence (dont tout le monde se fout), ou servir le peuple, il faut choisir

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