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Editorial du jour : sur le perron de la Marina

Les présidents des institutions comme des coupeurs de têtes politiques ont décidé d’organiser des législatives exclusives. C’était le 1er avril 2019. Ce jour, 15 juillet 2019, sans ceux qui ont décidé que la corde soutienne le pendu, Patrice Talon va cesser de souffler sur les braises et prendre langue avec les partis de l’opposition exclus.

Après les violences de mai et juin 2019, il fallait renouer le dialogue avec tous ceux qui ont été bannis. Le degré d’entente sera-t-il en phase avec cette initiative du président Talon qui reçoit l’opposition ce jour et qui va arroser d’eau bénite la fosse à purin? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

Patrice Talon a donc rendez-vous ce jour au Palais de la Marina avec les partis qui ont été roulés dans la sciure d’acier. C’était lors des législatives du 28 avril dernier. C’est à ce même endroit où il y a eu les tours de vis politiques contre l’opposition que Patrice Talon veut recoller les morceaux. Parviendra-t-il ?

Ce matin à la présidence de la République, il ne règnera pas une ambiance d’anniversaire. Mais pour que Patrice Talon débloque la situation, tout dépendra donc de sa philosophie du dialogue, de sa philosophie de la concorde nationale. Pour cela, face au regard inquisiteur de ceux qui ont été marqués au fer rouge, il faut que Patrice Talon mette de côté sa posture de constitutionnaliste hypnotiseur. Il ne peut en être autrement, car la plateforme revendicative des opposants déjà à la hauteur de l’identité assumée ne peut être banalisée.

En effet, en présence des acteurs politiques de l’opposition qui ont injustement écartés aux législatives, il faut des actes de la part de Patrice Talon. Même si la rencontre de ce jour doit être un rendez-vous du donner et du recevoir, il revient à Patrice Talon de concéder, de beaucoup concéder.

Et en matière de plateforme, les impératifs de l’opposition sont tels que Patrice Talon ne doit y voir une surcharge. Pour rappel, entre autres, les acteurs de l’opposition exigent la reprise du scrutin législatif et la libération de plus d’une centaine de résistants embastillés. Aussi, réclament-ils la restitution des dépouilles saisies après les événements douloureux de Cadjèhoun les 1er et 2 mai 2019. Sans oublier une enquête internationale pour savoir et mieux cerner ceux qui dans la chaine de commandement des forces de défense et de sécurité ont donné l’ordre de ladite répression.

Face à ces exigences, Patrice Talon doit savoir contenter ses interlocuteurs pour restaurer le sentiment national du vivre ensemble. Ce qui est loin d’être le cas quand on voit encore les récriminations de l’opposition. Cette dernière continue d’ailleurs de dénoncer les ‘’zizanies’’ en cours de la part de la ‘’Rupture’’. En effet, tout continue de se passer au Bénin depuis le 28 avril dernier comme si le ‘’jivaro’’ indien d’Amazonie, coupeur de têtes politiques ne veut pas lâcher son job.

Si le régime de la ‘’Rupture’’ dans la pratique actuelle en ce qui concerne la démocratie, ne concédait rien, que fera l’opposition ? Laisser le pouvoir en place qui a un excellent pedigree continuer à diffuser à l’échelle, son idéologie sectaire qui décapite les droits de l’homme comme on fait un barbecue ? Si la reprise des législatives n’est pas à négocier, elle doit aussi concéder et ne pas être rigide.

Comme on le voit sur le perron du Palais de la Marina ce jour, l’opposition n’y va pas pour distribuer des médailles à Patrice Talon.

Par Titus FOLLY

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