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Éditorial du jour : Talon apaise mais ses ‘’faucons’’ agissent

Le Parlement béninois doit vider le contenu de la poutre de pierre blanche sur la toile cirée. C’est aujourd’hui. C’est le jour J. Mais et après ? Que fera Patrice Talon que je vois pour la première fois depuis le 06 mars dernier dans une posture très consensuelle ? On sait que la ‘’Rupture’’, c’est un système, c’est une galaxie. Que feront ses proches, ses lieutenants, en somme des radicaux qui menacent au moment où Patrice Talon professe la tenue des législatives inclusives ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

La décrispation est venue de Patrice Talon. Et en matière de surprise, les almanachs ont pris notes de cet acte important du chef de l’Etat. Depuis le 06 mars dernier, il continue d’honorer sa parole. Cependant, je suis toujours inquiet, car au moment où Patrice Talon recherche le bout du tunnel, des faucons dans son entourage s’activent pour enfoncer le Bénin davantage dans la crise.

Et en écrivant ces lignes, je pense au ministre de la Justice, Sévérin Quenum. Celui-ci sur la Radio RFI mercredi dernier a exposé avec véhémence une démarche d’une fin de crise illusoire. Pour lui on peut aller aux élections sans l’opposition. Mieux, la non-participation des opposants n’entache en rien la crédibilité des prochaines législatives, a-t-il dit. Tout est dit et bien dit.

Pour nous qui scrutons les faits et gestes de ce régime depuis trois ans, nous savons qu’il y a Patrice Talon avec souvent ses phrases sibyllines et ‘’assassines’’ qui sont désormais dans la légende. Mais en dehors de Patrice Talon, il y a une répartition des rôles. Quand le chef ne veut pas parler, ses caudataires et fonciers agissent en son nom.

Dans ce rôle, on a eu Modeste Toboula, Orden Alladatin, Romuald Wadagni, Sacca Lafia, Joseph Djogbénou et récemment Séverin Quenum. Celui-ci en lieu et place de l’actuel président de la Cour constitutionnelle. On peut tout reprocher à Joseph Djogbénou, il a son style pour enfoncer de manière douce le clou dans le cercueil Bénin. Mais avec Sévérin Quenum, on a un discours heurté et sans efficacité d’ailleurs comme celui des hommes providentiels savent fort bien jouer de cette théâtralisation.

En effet, sous le signe de la domination, au-delà de Patrice Talon, la ‘’Rupture’’, c’est une charpente pyramidale. Il se peut que le chef reste inactif et que ses lieutenants agissent efficacement.

L’enchevêtrement des acteurs du système n’est pas à l’image du jeu du ‘’Mikado’’. Ici, même quand une baguette est déplacée un peu brutalement, rien ne s’écroule tout d’un coup en ce qui concerne l’empilement des baguettes.

Un observateur avisé des faits et gestes du système avait laissé entendre que quand le chef inverse son pouce, c’est un décret. Quand il le tourne vers le haut, c’est le ok pour agir.

De ce fait, au regard des propos trop forts sur RFI, on est en droit de se demander si le ministre Quenum a joué solo ou l’a-t-il fait avec la bénédiction de Patrice Talon ? Si ce n’est pas le cas, alors que le chef de l’Etat qui redevenu le président consensuel accède à la requête de l’opposition qui a réclamé son limogeage.

Et voici le Bénin ce 17 mars à attendre la décrispation définitive avec la question dérangeante du type : «Pour une fois, l’espoir !». A Patrice Talon de confirmer l’essai, car sa pédagogie du 06 mars dernier doit guider sa réponse.

Mais si le mérite de faire surgir l’exaspération comme caractéristique de la ‘’Rupture’’ comme depuis 2016, une fois encore, on poussera jusqu’à sa limite, l’absurde. Et comme lors de la première révision de la Constitution le 04 avril 2017, on peut fermer la baraque. Mais pour le moment on peut continuer à délecter le nouveau ‘’Patrice Talon’’.

Par Titus FOLLY

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