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Élevage de l’escargot : Un secteur d’avenir à promouvoir

L’escargot géant Africain est l’une des espèces qui dispose d’un grand potentiel zootechnique. A cause de sa saveur et la qualité de sa viande ainsi que l’excellente valeur nutritive de sa chair sa viande reste aujourd’hui très prisée par les populations de Lokossa et du Bénin. Ce qui fait que plusieurs jeunes s’adonnent à sa culture surtout en cette période des pluies.

«Nous ramassons les escargots dans les champs et parfois à base d’une diapositive traditionnelle nous faisons la culture. Ce qui fait qu’en période sèche nous continuons parfois à vendre de l’escargot aux clients qui viennent d’un peu partout du Bénin et d’ailleurs», explique Rodrigue Nouwagnon, un producteur de l’escargot à Athiémé.

«L’achatinaculture est un secteur très peu connu mais rentable. C’est un secteur qui nécessite moins d’effort du côté du producteur mais rentable du point de vue économique», renchérit Paul Anagonou, un producteur.

L’élevage de l’escargot géant Africain, Archachatina Marginata connaisse aujourd’hui un essor rapide en Afrique de l’ouest et au Bénin en particulier. Les divers produits obtenus après différents processus de transformation des achatines sont tels que la viande d’achatine frite ou sauce à la viande d’achatine, la viande d’achatine grillée, la viande d’achatine séchée, la viande d’achatine beurrée et la viande d’achatine court-bouillonnée.

Aussi, les œufs des escargots sont aussi consommés sous la forme de caviar. Mise à part ses valeurs nutritives, escargot (Archachatina Marginata) connaisse aussi d’autres utilisations. Les achatines sont utilisés dans la pharmacopée. En effet, diverses parties des achatines sont utilisées dans la pharmacopée pour la guérison de certaines maladies. C’est le cas, du liquide contenu dans la coquille d’achatines après extraction de la chair qui serait utilisé pour la cicatrisation des blessures fraîches et l’arrêt des hémorragies. Il en serait de même pour la coquille calcinée et mise en poudre qui a un effet cicatrisant pour les plaies engendrées par des brûlures superfi cielles.

En médecine traditionnelle au Bénin, l’escargot entier entrerait aussi dans certaines portions qui serviraient d’une part à dénouer certaines grossesses compliquées et d’autre part à guérir l’épilepsie. Les achatines sont aussi utilisés en cosmétique, de même que dans la détection des pollutions. Sur les plans cultuels et culturels, les achatines sont d’une grande importance au Bénin : en raison de sa lenteur, l’escargot a traditionnellement été considéré comme un symbole de la patience.

«La rentabilité économique de l’élevage d’escargot n’est plus à démontrer. C’est un secteur d’avenir», affirme Antoine Agonkpan un paysan.

Une facilité dans la production et un produit très rentable Ce qui fait la particularité chez les escargots, selon les producteurs et qui fait que leur culture est plus facile est que les escargots se nourrissent d’un peu de tout : la farine de maïs, de manioc et de soja. Pour qu’ils se sentent dans leur milieu naturel, on leur jette aussi quelques fourrages frais, constitués de feuilles de bananiers et autres. Mais les espèces végétales deviennent rares lors de la sécheresse. De ce fait, l’alimentation des mollusques devient une lourde charge.

«Durant la saison sèche, on découvre la facette noire de l’élevage de l’escargot. Les fourrages frais deviennent quasiment rares. Par les temps qui courent, la spéculation a aussi atteint les aliments de base que sont les farines de manioc, de maïs et de soja avec lesquelles nous nourrissons nos reptiles», explique Anagonou Paul, un producteur.

Malgré cette situation qui peut conduire au désespoir et même à l’abandon de l’activité, il est heureux de constater que l’achatiniculture se développe progressivement dans d’autres coins. Parce que, la commercialisation de l’escargot reste et demeure une activité très rentable et éleveurs et vendeurs s’en tirent à bon compte.

«Vous savez, lorsque les conditions sont respectées, après trois mois, un escargot peut peser 13 à 17 kg et peut être ainsi mis sur le marché. Pour rentabiliser et optimiser leur production, certains éleveurs préfèrent attendre la saison sèche pour écouler leur production. C’est d’ailleurs le plan de plusieurs comme Roland Sohoumon, un producteur «Nous livrons sur commande nos produits à des clients locaux et quelques rares fois aux étrangers de la sous-région et à des Européens», déclare-t-il.

Parlant de ses recettes, il confie qu’elles ne sont pas stables. A titre d’exemple, il fait une livraison de 15 000 à 20 000 FCfa en deux jours. Ces recettes lui permettent d’assurer ses obligations familiales. En dehors de ses avantages pécuniaires, l’escargot contient d’après un nutritionniste assez d’éléments protidiques et d’autres vitamines essentielles.

Dans les maquis et sur le marché, le nombre de consommateurs s’accroît. Cette viande est très appréciée par ceux qui l’adorent.

«Plus rien au monde ne peut plus m’empêcher de consommer la viande de l’escargot» confie Rodrigue Codjo, un consommateur. «C’est une viande qu’on peut consommer sans modération parce que ne présentant aucun risque sur la santé des consommateurs», renchérit Vivien Tossou, infirmier de formation.

Cependant, une certaine couche de la société s’interdit pour plusieurs raisons d’en consommer ou même de s’y approcher. Certains ne mangent pas parce qu’ils trouvent son milieu de vie insalubre. D’autres estiment que cette viande est comparable au sexe féminin.

Un vaste marché à exploiter

Le marché pour faire écouler la production de l’escargot existe un peu partout dans le monde. Selon les producteurs, plusieurs clients les appellent du Nigéria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et même de l’Europe pour des commandes. Le plus grand problème qui se pose à leur niveau est que la majorité n’ayant reçu aucune formation à la base ne sait pas comment faire une production à grande échelle. D’où une formation sur l’achatiniculture pour permettre à ces derniers de produire même en saison sèche.

«Nous voulons que le gouvernement nous aide en mettant en notre niveau un fond de roulement pour mieux satisfaire notre clientèle», explique Arnaud Akakossi.

L’éleveur d’escargots peut envisager de vendre des animaux vivants destinés à de nouveaux producteurs. Il faut préférer cette formule à des achats sur les marchés. Le vendeur d’escargots reproducteurs doit évidemment bien maîtriser les techniques d’élevage et posséder une exploitation propre, qui inspire confi ance aux acheteurs potentiels venant la visiter. Toutefois, la quasi-totalité des escargots est destinée à la consommation.

Deux marchés fort différents existent, le premier répond à la demande des ménages pour une utilisation traditionnelle. Cette demande porte presque exclusivement sur des produits vivants, seule garantie admise pour la fraîcheur. On peut néanmoins observer, dans certaines villes africaines, que les vendeuses réalisent parfois, à la demande des acheteuses et devant elles, l’extraction des chairs vivantes des coquilles et la séparation de l’hépato-pancréas qui reste sur place avec la coquille.

Par Romuald NOUDEDJI

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