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Le cœur et le glaive

Les trois ministres de l’Enseignement du Bénin ont fait une sortie médiatique. C’était jeudi dernier, Objectif, convaincre les enseignants sur pied de guerre de participer à l’évaluation diagnostique. Sous toutes les coutures, leur discours a été le signe d’une communication volontairement vague et verrouillée autour d’un dossier d’enjeu national qui tisonne toutes les curiosités. Et conformément aux us et coutumes de la ‘’Rupture’’, ces trois membres du gouvernement avaient la main gauche sur le cœur pour rassurer et le glaive dans la main droite pour menacer. Dans ce dossier, Patrice Talon a-t-il raison de procéder de la sorte quand on sait que sous tous les cieux qu’une évaluation diagnostique est formative et non sommative? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

Nous avons toujours déploré la faible capacité d’écoute du gouvernement Talon qui sur tous les sujets majeurs qui interpellent la Nation pense qu’il a la science infuse. Mais en ce qui concerne cette évaluation diagnostique, pour une fois, ce gouvernement ne s’est pas trop trompé, tout au moins sur le fond.

L’évaluation diagnostique qui s’annonce comme un mal peut être un mot pour guérir des maux, Pour nous qui sommes dans les amphis à encadrer les étudiants, c’est un drame de constater que nos jeunes frères et enfants que nous accueillons au supérieur, ont un niveau de plus en plus faible.

Et en dépit de tous les efforts pour redorer leur blason, trois ans après au supérieur (en Licence), le niveau n’est toujours pas bon. Et quand vous avez la lourde responsabilité d’encadrer un mémoire, si vous tenez à votre honneur, vous devez veiller aux gains.

Mais avant le drame de l’université, c’est qu’on observe la catastrophe à l’école primaire. Pour nous qui prenions encore la peine de suivre dans une certaine mesure, le travail des répétiteurs de nos enfants à la maison, c’est la désolation. C’est pour cela que cette évaluation diagnostique, est une occasion en or pour poser un acte fort, celui de sortir le bon grain de l’ivraie.

Il ne peut en être autrement.

En effet, parmi les enseignants concernés par cette évaluation, il y en qui sont exceptionnels. Par rapport aux autres, il fallait donc faire quelque chose pour arrêter la saignée en ce qui concerne le niveau de nos apprenants qui baisse de manière drastique.

Et on est d’avis que le mal est parti de phénomène rédhibitoire et trop politicien de reversement en 2008. Nous étions contre cette façon d’agir en son temps. En son temps, nous avions été brocardés même si certains membres du gouvernement de l’époque gênés aux entournures, ont fini par nous donner raison.

Après ce reversement, certains enseignants concernés se sont formatés de manière efficace tandis que d’autres sont restés à humer l’air et à confondre les effluves et les flonflons. Les faits sont là, le niveau baisse dangereusement.

Cependant, il faut déplorer le discours trop triomphant du régime Talon ‘’revanchard’’ qui veut profiter de cette évaluation pour régler des comptes à cette catégorie d’enseignants transformés soupçonnés d’avoir été des unités mobiles de campagne en 2016 pour un pouvoir qui disait urbi : «Après nous, c’est nous», il faut à tout prix faire cette évaluation diagnostique.

Mais là que le bât blesse, c’est que sur la forme, c’est que quand on organise une évaluation diagnostique, elle n’est pas notée.

Rémi Guédégbé, le grand-frère du chef de L’Etat qui en était un spécialiste au Lycée Béhanzin de Porto-Novo dans sa posture d’inspecteur de grand format et spécialiste de SVT et qui officie actuellement au palais de la Marina est bien placé pour donner des conseils à son frère de président de la République.

En effet, une évaluation diagnostique permet aux inspecteurs de situer les enseignants dans le champ disciplinaire pour faire un état de ses connaissances ou de ses conceptions pour s’assurer sa maîtrise du langage courant et scientifique.

L’évaluation diagnostique ne doit prendre l’allure d’un concours. Elle doit viser un repérage des enseignants en difficulté et définir les critères de choix pour combler leurs insuffisances. Mais jamais en lieu et place, un concours en guise de purge à la Staline, il fallait miser sur une inspection sur la base d’outils de diagnostic spécifiques et d’entretiens individuels. En somme, l’évaluation diagnostique n’est qu’une évaluation formative et non sommative.

Avec la première, l’évaluation peut devenir pour les enseignants, une clé de réussite si elle s’intègre dans une démarche progressive de construction du savoir. Mais dans le second cas, l’objectif est davantage politique, car on veut créer des ‘’bantoustans’’ dans le but de dénigrer et de vilipender des gens qui n’ont pas jugé bon de succomber aux sirènes de la ‘’Rupture’’ en 2016.

C’est pour cela qu’il faut déplorer le sens travesti du mot ‘’Evaluation diagnostique’’ que les princes du moment téléguidés par le forfait de la tyrannie veulent parvenir à imposer.

Par Titus FOLLY

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