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Mon opinion : “Le peuple ne veut voter pour personne, mais il veut sanctionner un régime”, dixit Gilbert Makou

Pour le politologue Gilbert Makou, lorsque l’un des plus rare politique du pays qui connait la situation géopolitique du Bénin et du président actuel parvient à lâcher certaine phrase, comme le sait faire si bien Candide Azannaï, il est important de s’attarder sur ce bout de phrase «ils (les adversaires de Patrice Talon) ne savent pas à qui ils ont à faire» de Candide Azannaï

“Le peuple ne veut voter pour personne, mais il veut sanctionner un régime”

Le stratège Candide Azannaï à bien raison, l’opposition actuelle ne connaît pas assez celui qu’on appelle Patrice Talon. Elle ne sait vraiment pas à qui elle a faire.

La presse a rendu compte de l’intervention du stratège Candide Azannaï samedi dernier lors du Congrès extraordinaire du Parti Communiste du Bénin (PCB). Comme il rate rarement l’occasion ces derniers temps pour dénoncer la division au sein de l’Opposition dans le cadre des prochaines législatives, Candide Azannaï a usé, ce jour-là, d’un vieux proverbe de chez moi (un proverbe Nago), d’une formule métaphorique pour mettre en garde l’opposition. En d’autres termes, a-t-il lâché, “ils (les adversaires de Patrice Talon) ne savent pas à qui ils ont à faire”.

Candide Azannaï n’aurait pas tout à fait tort, car j’ai le sentiment que l’opposition ne connaît pas suffisamment cet homme qu’elle a en face. Elle ne mesure pas à leur juste valeur les nuisances dont il est capable, et sans état d’âme.

Ce n’est pas seulement d’ailleurs l’opposition mais nombre de nos compatriotes qui n’appréhendent pas correctement les différentes facettes du personnage. Il a la chance inouïe de régner sur un peuple qui ne s’indigne pas beaucoup, en tout cas pas longtemps, un peuple qui donne l’impression de passer très vite sur les événements.

C’est pourquoi, il faut constamment rafraîchir la mémoire à notre opposition et surtout à nos compatriotes, leur rappeler en particulier qui est vraiment ce président-politicien Patrice Talon et ce qu’il a fait depuis le 06 avril 2016, date de son installation officielle comme quatrième Président de la République du Bénin.

Depuis cette date, il est à la tête d’un pays de près de dix (10) à onze (11) millions d’habitants. Un pays qui a compté parmi ses habitants de grands hommes, de grandes femmes ; un pays adossé pendant plusieurs siècles à des valeurs cardinales comme celles, bien connues, qui nous tournent malheureusement de plus en plus le dos. Ce pays-là se faisait en particulier une idée du chef, qui devait être bien au-dessus de la mêlée par les valeurs qu’il incarnait.

Parmi ces valeurs, nous retiendrons celle au-dessus de toutes : le respect scrupuleux de la parole donnée. Les Nagos disent que si tu es à la recherche d’un homme d’honneur, de dignité, donc de respect de la parole donnée, compare ses engagements d’hier à ses actes d’aujourd’hui ! S’ils se confondent exactement, tu as trouvé l’homme que tu cherchais. L’homme d’honneur et de dignité doit respecter scrupuleusement sa parole.

A la limite, il doit en être l’esclave. Si nous partons de ce constat, il n’a aucun respect pour sa parole pour ses engagements. Je ne m’attarderai pas à donner des exemples, ce serait superflu. On en rencontre, qui crèvent les yeux, tout au long de sa gouvernance tortueuse de deux ans 10 mois.

Dès le 6 avril 2016, des lois liberticides et scélérates sont votées à l’Assemblée nationale pour légaliser les écoutes téléphoniques, espionner des citoyens et unifier la police et la gendarmerie à l’effet de mieux réprimer les voix critiques.

Il s’agit notamment de la Loi N°2017-44 portant recueil du renseignement en République du Bénin votée par l’Assemblée Nationale et la proposition de loi portant charte des partis politiques qui montrent bien le désir manifeste du président-politicien d’installer une police politique dans le pays avec pour but de réprimer les opposants par le biais d’un certain nombre de mesures attentatoires aux libertés civiles et politiques.

Radiation de la fonction publique, fermeture de sept médias indépendants, piratage des fréquences radios, suspension des médias en ligne, retrait et restriction du droit de grève, l’interdiction par décret pris en Conseil des Ministres des activités des fédérations estudiantines, les déguerpissements sauvages et inhumains dans les grandes villes qui ont conduit à la destruction totale des biens et propriétés des populations…

C’est ce président, politicien pur et dur, que l’opposition aura en face le 28 avril 2019. Ce sera, pour elle, une tâche titanesque. Il a déjà éliminé des adversaires potentiels et d’autres stratégies sont en cours pour en éliminer bien d’autres au tout dernier moment. Ce ne seront donc pas des enfants de chœur, des chevauchées solitaires qui lui barreront la route vers une majorité à l’Assemblée nationale.

Les différentes composantes de l’opposition devraient donc se départir comme le conseil Candide Azannaï de leurs différents ego, mais aussi et surtout de leurs logos. La seule issue pour l’opposition de gagner les prochaines législatives, c’est l’unité. “Si nous ne tuons pas nos égos et nos logos, nous ne gagnerons rien”, a déclaré Candide Azannaï, très remonté contre l’attitude de certains leaders de l’opposition. “Le peuple ne veut voter pour personne, mais il veut sanctionner un régime”, a-t-il martelé.

Nous ne cesserons jamais de la rappeler, la défaite du président-politicien aux élections législatives du 28 avril prochain vaut mille sacrifices.

Gilbert MAKOU

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1 commentaire
  1. Charles dit

    C’est cette pratique de sanction qu’il y a lieu de combattre.
    Car en réalité les élections ont souvent été des moments de sanction. Ce qui du coup éloigne des objectifs de développement.

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