BÉNIN24 TÉLÉVISION
L'actualité en continu et en temps réel

Opinion : «Quand les droits ne sont plus respectés, Patrice Talon doit du serment qu’il a prêté» selon René Ahouansou.

L’angliciste dans sa dernière contribution parvenue à notre rédaction n’a pas manqué de décrypter le contexte politique actuel au Bénin. De l’avis de René Ahouansou, la déviance est flagrante et est déjà allée trop loin. Il faut remettre les pendules à l’heure. Qui est le mieux placé pour cette correction devenue nécessaire et urgente? Lisez ci-dessous sa contribution.

ENTRE PESSIMISME ET OPTIMISME: L’HEURE DU CHOIX.

Bonjour très cher ami et merci pour cette réflexion très académique qui dépasse la capacité de nos gouvernants à comprendre les notions simples du droit et de la démocratie.

Mon Dieu, le droit a toujours précédé la démocratie. L’homme nait avec le droit naturel de faire ou de ne pas faire; la démocratie qui est venue après dans une organisation harmonieuse de la société est la mise en commun de tous ces droits individuels, avec des concessions de tous pour la bonne marche du collectif social. Il n’y a personne pour contester la théorie du contrat primordial. L’homme sauvage s’est mis en société avec d’autres hommes et, ce faisant, a soumis son droit primitif à la volonté commune pour un plus-être pour ne pas parler de mieux-être.

Je ne voudrais pas être pessimiste mais au vu des faits récurrents et persistants, je le deviens, par nécessité. Tous les philosophes ont dit avec un grand optimisme que l’homme était perfectible. Et c’est cette perfectibilité -supposée -de l’homme qui est le fondement de l’UNESCO pour que par les progrès de l’éducation, de la science et de la culture auxquelles ont été ajoutées de nos jours l’information et la communication, les frontières de l’ignorance, du racisme et de tous les autoritarismes et totalitarismes reculent.

Mais de 1945 à 2019, quels sont les progrès de l’humanité dans son ensemble? Le racisme n’a pas diminué, les nationalismes deviennent exacerbés et les égoïsmes ont repris le pas sur cette vision généreuse de l’homme.

Pour revenir au Bénin de nos amours, quand un ministre de l’Enseignement supérieur dénie à l’Université dont elle est membre, le droit de fonctionner sur un modèle démocratique alors qu’elle-même était censée être le Ministre de tutelle de la Commission Nationale pour l’UNESCO, il y a quelque chose qui manque à la réflexion philosophique de ceux qui devraient en savoir plus pour nous indiquer les bonnes directions.

Quand un professeur de droit déforme les notions élémentaires du droit pour tordre le cou au vivre-ensemble et ériger un système politique contraire à la notion de base qu’au commencement était le droit, je suis pessimiste pour ce qui est de la capacité de ceux qui étaient “highly educated” à éclairer les choix les meilleurs pour nous.

Quand un jeune ministre des finances sorti, dit-on, de l’une des meilleures universités du monde ne connait rien de ce que le bon sens paysan connait, à savoir que trop d’impôt tue l’impôt et n’arrive pas à identifier la stagflation comme un fléau de l’économie nationale qui a besoin d’un autre traitement que la création de plus d’impôts et de taxes, je désespère de cette race d’intellectuels .

Quand chacun a fait les concessions nécessaires sur ses droits et a remis à un corps social qu’il a mis en place lui-même, le pouvoir de donner des lois au collectif national et que ce groupe détourne ce pouvoir de ses objectifs pour l’exclure du choix de ses représentants, il n’y a pas de quoi garder son optimiste.

Mon cher ami, il y a deux formes de violence, la violence froide calculée et cynique des textes et la violence physique du grand nombre. Si rien n’est fait de la part de nos gouvernants pour arrêter la première, nous nous acheminons vers cette violence physique du grand nombre à qui on vole les droits élémentaires, biologiques et politiques. Par droits biologiques j’entends le droit à une vie décente et par droits politiques, le droit de choisir ses propres représentants.

La déviance est flagrante et est déjà allée trop loin. Il faut remettre les pendules à l’heure. Qui est le mieux placé pour cette correction devenue nécessaire et urgente? La réponse est évidente, car des dix millions de Béninois, un seul est sorti de la multitude et a prêté le serment solennel de respecter le patrimoine commun, de garantir et de protéger la Constitution.. Tel que fonctionne le Bénin d’aujourd’hui, nous ne sommes plus dans la Constitution de 11 décembre 1990 qui est et demeure notre patrimoine commun .

Quand les droits fondamentaux ne sont plus respectés, c’est à celui-là de se rappeler le serment qu’il a prêté à la nation et au monde, en prenant fonction le 06 avril 2016. Personne d’autre ne pourra le faire à sa place à moins qu’il ne se reconnaisse lui-même comme incapable de la fonction présidentielle. L’heure est venue de remettre de l’ordre dans la république. Et c’est à lui et à lui seul de le faire.

Bien cordialement!

Professeur René AHOUANSOU

 

Immobilier Bénin

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS À LA UNE

ACTUALITÉS À LA UNE

CAN 2019

CAN 2019

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre adresse email ne sera pas publiée.