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Précarisation de l’emploi et suspension des droits acquis : Yayi ou le «si je savais» des travailleurs béninois

Sous l’administration du régime de la rupture, les travailleurs béninois de tous ordres ont déjà goûté au calice et tendent vers la lie. Les menaces de licenciement ou de radiation sont désormais monnaie courante. Une énième confirmation du symbolisme de pédagogie dicté par Jean de la Fontaine dans l’allégorie du «Corbeau et le Renard».

Les travailleurs représentés par «Monsieur le corbeau» ont laissé leurs fromages (les corporations respectives ndlr) aux mains des messieurs renards (Politiciens ndlr) pour «déclencher des grèves politiques» contre Boni Yayi qui leur a pourtant concédé de larges avantages sans jamais leur demander de «serrer les ceintures»

Ces jours-ci, la majorité des travailleurs donnent dans des complaintes qui rappellent le célèbre adage populaire : «si je savais, le dernier mot de l’i…» comme pour témoigner les regrets d’un mauvais casting électoral. Et l’évolution de la situation de l’emploi tant dans le privé que dans le public ces trois dernières années ne manque pas de quoi avoir de tels regrets.

La loi sur l’embauche à elle seule constitue un élément de traumatisme sans précédent à n’importe quel travailleur qui du coup, devient plutôt «un esclave qu’un individu jouissant de toutes ses libertés pour donner le meilleur de lui-même. Autres temps, autres mœurs tout de même puisque le président Talon n’est pas obligé de se comporter comme son prédécesseur.

Mieux, bien de raisons fondées et concordantes permettent qu’un dirigeant politique béninois en vienne à prendre une décision aussi dure à supporter pour ses compatriotes un jour. Les écarts de comportement de certains travailleurs, la paresse à outrance, les malversations financières et l’attribution des tâches à des personnes moins qualifiées sont tant d’éléments qui apportent de l’eau au moulin d’un pouvoir qui se veut rigide. Ne pas les admettre et proposer la riposte conséquente n’est pas digne d’un intellectuel.

Certes, les méthodes pour y parvenir sont multiples mais le dirigeant politique est libre de choisir et l’administration du président Talon a fait le sien : précarisation de l’emploi et suspension de certains droits acquis.

Le hic…

La brutalité de la méthode choisie pose tout de même problème. Il faut certes rompre avec les mauvaises habitudes, mais on ne serait sevré aussi brutalement un nourrisson sans craindre pour sa survie et proposer des alternatives de subsistance. Les lois jugées «scélérates» par l’ensemble des organisations des travailleurs, à défaut de leurs retraits, méritent plus de souplesse dans leur application. On ne peut guère tout obtenir ici et maintenant.

Et dans un système qui peine à trouver la formule magique pour relancer la création d’emploi, il est plus sécurisant d’entretenir la quiétude psychologique des masses laborieuses par le dialogue et des mesures rassurantes pour éviter une regrettable cassure préjudiciable à la paix.

C’est ce qui semble faire défaut aux diverses solutions proposées par le régime de la rupture dans la quasi-totalité de ce qu’elle entreprend depuis 2016. Une mandature de réforme doit sans doute provoquer des remous. Lesquels ne devraient suffire pour que le sang de citoyens innocents soit versé un peu partout sur le territoire national.

Une première dans l’histoire du renouveau démocratique que l’armée républicaine en soit venue à l’usage des armes de guerre contre les personnes qu’elle est censée protégée. C’est un fardeau très lourd à porter pour la conscience d’un dirigeant élu dans une liesse populaire. Aucun semblant de sérénité ne saurait effacer de la mémoire en un clin d’œil, le sang des êtres humains ayant librement décidé de se soumettre à son autorité.

Le «péché» des travailleurs en question

Le manque de discernement et souvent la course au gain facile n’a jamais aidé une communauté en réalité. Dans la situation que traverse les citoyens en ce moment, il est difficile de les innocenter tant ils ont été quasiment «opportuniste» avec un brin d’ingratitude en toile de fond.

Ils savent pertinemment que «les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient». Cela n’a pas suffi pour qu’avec leurs nombreuses faîtières, ils puissent s’asseoir pour faire la part des choses au moment de choisir un nouveau dirigeant pour le pays en 2016.

Avec Boni Yayi, ils ont obtenu des avantages hors normes, au-delà du possible pour un Etat non autarcique. Primes exorbitants le plus souvent, emplois et salaires parfois fictifs, etc. Au moment de lui retourner l’ascenseur, ils ont facilement cédé aux sirènes de l’argent. Ils ont préféré les promesses mirobolantes au réalisme qu’ils ont pourtant vécu et maitrisé. Aujourd’hui, Ils sont des milliers de travailleurs, particulièrement ceux du secteur de l’enseignement à être dans l’amertume.

La déception est presqu’à la hauteur de la «trahison». Les arriérés de salaire apurés, les récurrents concours de recrutement dans la fonction publique, le relèvement du Smig, augmentation de salaires, les payements de primes, création des cantines scolaires, multiplications des infrastructures sanitaires, scolaires etc. Tout ce chantier est encore à l’étape de promesse après trois ans de gestion dans le Nouveau départ.

Comme la chute de l’histoire dans la fable ‘’fontainienne’’, les politiciens ont longtemps vécu aux dépend des citoyens qui les écoutent. Les opérateurs économiques sont en train de faire la même expérience et les citoyens demeurent dans la même posture comme pour confirmer la philosophie du Roi Alèkpéhanhou : «il faut savoir supporter les problèmes que ses propres mains ont provoqués».

Par Manfoya OKRY

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