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Production de jus de fruits à Cotonou : quelle hygiène pour quelle garantie ?

Les jus de bissap, gingembre, tamarin produits à domicile ont conquis de nombreux consommateurs mais des inquiétudes subsistent quand à l’hygiène qui entoure leur production.

Les sachets soudés, transportés dans des glacières et des plastiques transparents et vendus fraîches inondent les marchés urbaines grâce à l’amélioration de la qualité et de la durée de conservation par la pasteurisation et la conservation au froid.

Les vendeuses généralement vont vers le consommateur et s’appuient sur le «bouche à oreille» et la promotion de proximité de produits naturels bien présentés. Ils doivent maintenant trouver leur place dans le réseau de vente des boutiques de quartier.

En effet, la vente de boissons obtenues par des procédés artisanaux améliorés se développe. Elle permet de valoriser l’offre saisonnière de fruits, mais aussi d’autres produits tels que les fleurs de bissap et le gingembre, et également des produits de cueillette comme le tamarin et le fruit du baobab.

«On note une demande croissante pour ces boissons à base de produits locaux. Ils sont appréciés pour leur goût, leurs vertus médicinales et leurs prix, que ce soit pour la consommation familiale surtout lors des cérémonies familiales et événements religieux ou pour la consommation individuelle pendant ou hors des repas», a laissé entendre dame Lucienne, vendeuse du jus de bissap.

Ce qui est à déplorer, c’est l’hygiène qui entoure la préparation de ces jus faits maison.

«Mes enfants aiment beaucoup les jus de bissap. C’est nutritif mais nous ne savons pas toujours si c’est bien entretenu à la base. C’est pourquoi, j’en prends seulement chez une dame qui m’inspire confiance», explique maman Gino, couturière à Calavi qui se soucie de la qualité des jus que prennent ses enfants.

De plus, ces boissons se trouvent en concurrence avec les boissons gazeuses, fabriquées sous licence par des industries nationales, les jus industriels importés ou fabriqués localement à partir de concentrés importés et parfois de fruits locaux.

«Les règles de conservation des produits alimentaires vendus sur les marchés sont de plus en plus rigoureuses, alignées sur celles déjà en cours pour toutes les autres formes de distribution. Et même les petits producteurs-vendeurs doivent s’y conformer», conseille la nutritionniste Djogbénou Alvine.

Même si la transformation industrielle en jus naturels est souvent considérée comme la meilleure possibilité de valorisation des fruits, d’autres pistes de production de boissons locales via des procédés artisanaux améliorés ont le vent en poupe.

Et pour développer leur marché, elles doivent améliorer leurs procédés de transformation et la qualité des produits finis en adoptant des bonnes pratiques de production et d’hygiène, pour que les consommateurs soient rassurés sur l’innocuité des produits.

«La vente en frais des jus de bissap et d’ananas est la première voie de valorisation des fruits. Cependant, la production de jus et boissons pour la consommation de masse et la production de confitures et sirops pour le marché local haut de gamme notamment les ménages aisés, étrangers et réceptifs touristiques sont des pistes à explorer tout en respectant des règles d’hygiène stricte», affirme Roselin Akpan, spécialiste en diététique.

C’est dire que l’hygiène alimentaire, cet l’ensemble des règles simples qui permettent d’éviter les intoxications alimentaires et de s’alimenter en toute sécurité doivent être de mise au niveau de la production mais aussi de l’emballage des jus.

«Au-delà de la production des jus, c’est tout le processus d’emballage et de conservation qui doivent être sécurisé afin de s’assurer que le produit final est sans danger», insiste la nutritionniste.

Par Dorice DJETON

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