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Reprise du travail, poursuite de l’allaitement : les femmes entre angoisse et débrouillardise

Après l’accouchement, la séparation entre la mère et l’enfant est généralement imposée par la nécessaire reprise du travail. Alors que les bébés sont encore au sein, les mamans fonctionnaires retournent au service bon gré, mal gré.

S’il y a encore quelques années, la quasi-totalité des femmes se pliaient à des plans de sevrage, c’est-à-dire supprimer une tétée après l’autre, de telle façon que le bébé soit entièrement au biberon à la reprise du travail, elles sont maintenant de plus en plus nombreuses à savoir qu’il est possible de continuer à allaiter son bébé après la reprise du travail.

Et pour parvenir à le faire, chacun y va en fonction de ses moyens, de ses possibilités, du type de travail et de l’appui de son entourage. «Je conseille souvent aux mamans fonctionnaires de tirer le lait au maximum pour stimuler les seins afin de laisser à la maison du lait à conserver à la maison et de ne compléter au biberon quand cas de force majeure. Ainsi, elles allaitent l’enfant le matin, à la pause et le soir. Pendant qu’elles sont occupées, le bébé prendra le lait extrait», explique une nutritionniste.

Selon l’OMS, l’allaitement maternel a de nombreux bienfaits pour la santé de la mère et du nourrisson. Le lait maternel contient tous les nutriments dont un nourrisson a besoin pendant les six premiers mois. Les nourrissons devraient être allaités exclusivement au sein pendant les six premiers mois pour une croissance, un développement et un état de santé optimaux.

Quid de l’allaitement exclusif ?

L’allaitement exclusif suppose que le nourrisson n’absorbe que du lait maternel. Il ne reçoit aucun autre aliment liquide ou solide, pas même de l’eau, à l’exception des solutions de réhydratation orale, ou des gouttes/sirops de vitamines, minéraux ou médicaments.

Bien que beaucoup de mères soient disposées à le faire, elles se voient confrontées à la reprise du travail avant que leur bébé ne ferme les six mois. «On peut concilier allaitement et reprise du travail lorsqu’on sait s’organiser. Il y a plusieurs scenarios à ce propos», explique la nutritionniste Grâce Honhoué. Même si l’allaitement et les activités professionnelles ne sont pas incompatibles, les femmes doivent consentir d’énormes sacrifices pour arriver à tenir les six premiers mois.

Dame Georgette Houélété, comptable gestionnaire dans une entreprise BTP a repris le travail depuis deux semaines alors que son bébé n’a que deux mois. Comme astuce, elle a décidé d’embarquer tous les matins son bébé et la nounou. Cette dernière reste dans la voiture avec l’enfant le temps pour la maman de descendre l’allaiter toutes les deux heures.

«Je ne serai pas tranquille en laissant mon bébé de deux mois à la maison avec une petite de 12 ans. Aussi, je ne sais dans quelle condition, elle pourra l’entretenir, lui donner le lait que j’aurai laissé. Pour éviter toute situation désagréable, j’ai choisi de venir au boulot avec mon bébé», explique la jeune nourrice qui n’est qu’à son premier geste». Comme dame Georgette, certaines femmes qui disposent de moyens de déplacements confortables et de nounou, n’hésitent pas à sortir de la maison avec leur bébé afin de l’allaiter exclusivement au lait pendant les 6 premiers mois.

Quand on est bien entouré…

«En tant que nourrice, il est bien sûr préférable d’être soutenue par son entourage. En premier lieu par le père de l’enfant, par les personnes qui gardent l’enfant, par son employeur, par ses collègues de travail, et important de connaître d’autres femmes ayant vécu ou vivant la même expérience», s’exprime Tante Yovo, grand-mère de sept petits fils et responsable de la garderie ‘’Ange et Amour’’.

Cette septuagénaire ne manque de partager son expérience avec de jeunes mamans souvent déboussolées à l’arrivée du premier enfant et qui se voient obligées de retourner au travail à la fin de leur congé de maternité.

«C’est plus facile quand on est bien entouré. Quand on a une personne de confiance à la maison, une tante, une grand-mère, une sœur ainée disponible, les mamans ne ressentent pas beaucoup de difficultés surtout quand elles décident d’alterner les seins et le buberon», renchérit-elle.

Une réalité que confirme Rosine Afoukou qui une fois au boulot peut demander à sa tante de se déplacer avec le bébé afin qu’elle l’allaite vu qu’elle n’a qu’une heure de pause et qu’elle ne peut faire le trajet service-maison-service sans être en retard. Ceci implique des dépenses supplémentaires mais elle s’y plie.

«Il peut aussi arriver que je ne l’allaite que les matins, les soirs et la nuit. Certes, elle prend du biberon mais je sais qu’il est en de très bonnes mains à la maison», poursuit-elle.

A l’impossible…

Pour les mamans qui n’ont ni grands moyens ni parents pour les accompagner dans cette tâche, elles ne peuvent que recourir aux services des garderies. Alors, pour que la séparation entre le bébé et la maman se passe correctement, il est essentiel que le capital confiance s’installe avec les responsables en charge de la garde de l’enfant. Depuis la naissance, les mères sont totalement investies dans l’accompagnement de leur bébé, si bien qu’elles pensent parfois être les seules capables de le comprendre et de le décrypter et mieux le nourrir.

Or, vos interlocutrices à la crèche sont qualifiées et se sont occupées de nombreux enfants tout au long de leur carrière. Même si leurs méthodes ne sont pas les vôtres, il vous faut lâcher prise lors de l’entrée en crèche, avant tout pour le bien-être de votre enfant. «Chaque maman dépose son bébé avec le lait qui lui est adapté et précise la fréquence à laquelle il faut le nourrir», confie Audrey Hontongnon, l’une des éducatrices rencontrées à la garderie ‘’Ange et Amour’’.

Bien sûr, accueillir un enfant qui n’a jamais connu le biberon inquiète souvent le personnel de crèche et assistantes maternelles. Pourtant, quand on les interroge, elles reconnaissent volontiers que pour les bébés nourris depuis la naissance au biberon, il y a aussi besoin d’une période d’adaptation et qu’il arrive que certains refusent au départ le biberon donné par une nouvelle personne dans un lieu nouveau. Rien de très différent avec un bébé allaité.

Par Dorice DJETON

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