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Rumeurs de rupture de salaire aux enseignants ACE 2008 : probables conséquences dans les ménages

Dame rumeur croit savoir que de sources concordantes, les enseignants Agents contractuels de l’Etat (ACE) reversés en 2008 n’ont plus droit au moindre salaire jusqu’à nouvel ordre. Leurs autres collègues n’auraient plus droit de prêts bancaires ou autres avances sur salaire. Si une telle information venait à se confirmer, les conséquences seront sans appel pour les familles et par ricochet pour l’économie nationale.

La vie des enseignants reversés de 2008 plus que jamais au bord du cauchemar. En prélude à leur évaluation diagnostique projetée par l’Etat et dont la date du déroulement est fixée au cours du présent mois d’août, les enseignants du sous-secteur de l’enseignement primaire et secondaire de l’enseignement général et technique du Bénin reversés en 2008 et estimés à plusieurs milliers de l’effectif général de la corporation (18 000 et plus ndlr) pourraient subir une rupture de salaire. Les rumeurs font état de ce que l’argentier national pourrait décider ainsi certainement pour annoncer les couleurs de ce qui les attend au terme de l’évaluation diagnostique en question. Surtout qu’il est dit que nombre d’entre eux ne sont point aptes à l’exercice du métier, cette mesure arrive comme une étape ultime de la marche irréversible vers leur radiation ou leur conservation prochaine.

Dans l’attente du verdict qui définitivement va sceller individuellement le sort des personnes concernées, une telle mesure va faire couler beaucoup d’encre. Et c’est d’abord dans l’antre des ménages que cela se fera sentir. En effet, «c’est sans doute un coup dur pour les familles en cette période suffisamment sensible», reconnait un fonctionnaire de l’administration des impôts, se montrant compatissant à la situation de ses concitoyens dans le cas. Il explique que la période n’est pas du tout favorable à une telle décision puisque «nous sommes pleinement en période de vacances scolaires où les familles planifient quelques moments de plaisir : voyages, pique-nique etc. vous comprenez qu’il faut un budget en conséquence», renchérit-il.

Dans les rangs des principaux acteurs directement concernés par une telle mesure, on joue la carte de la prudence et on se confie presque dans un élan de fatalité à la bienveillance divine : «je ne vais y croire que lorsque j’aurais sous les yeux, la note du ministère qui signifie une telle chose. Pour l’instant, ce dont vous parlez me semble une rumeur de plus», témoignage avec un malicieux sourire au coin des lèvres, Victor, enseignant reversé donc directement concerné.

Pour sa part, DG comme il aime se faire appeler exerce au cours primaire dans une circonscription scolaire de la Commune de Djougou. Rencontré dans un quartier de d’Abomey-Calavi où il est revenu passé ses vacances, il se dit serein : «quel que soit ce qu’il adviendra de tout ce qui se trame, nous allons vivre. Notre sort est entre les mains de Dieu. Personnellement, j’ai mes diplômes et j’estime être compétent (Rire) donc, rien à craindre», se dit-il en se frottant les mains.

En clair, chacun essaie de prendre la situation comme il peut. L’option du boycott auquel appellent responsables syndicaux semble non envisageable car : «même si nous composons et que nous sommes sur la liste des cibles, nous serons chassés de toutes les manières», souligne un membre de l’équipe syndicale exerçant dans un collège de Cotonou.

Pour lui, «l’unique motivation derrière cette évaluation c’est l’humiliation de l’enseignant pour y asseoir renforcé un peu plus l’élan de dictature dans laquelle nous sommes définitivement embarqués. Sinon, s’interroge-t-il, qu’avons-nous fait pour mériter ce sort ? Une décennie dans le métier avant d’être reversé et paf ! Je deviens incompétent du jour au lendemain et le troisième jour je deviens sans emploi», évoque-t-il d’un ton grave, se servant de sa main pour nettoyer la colonne de larme qui lui a échappé imprévisiblement de l’œil gauche.

S’étant plus ou moins ressaisit, il apporte la nuance que «c’est le souvenir de toutes ces années au service de mon pays qui me fait mal. J’aurais pu m’introduire dans les milieux politiques qu’un petit poste d’auxiliaire dans une administration quelconque m’aurait déjà conféré plus de vie mais regardez-moi», ajoute-t-il en hochant la tête.

Son compagnon demeuré silencieux jusque-là tente de détendre l’atmosphère par une boutade bien choisit tout de même : «tu serais devenu autorité. Tu vas vendre un domaine public, reconnu coupable par la justice et l’Etat t’enverrait te soigner à Marrakech ou ailleurs où il fait moins chaud qu’à Missérété».

Il aura réussi son coup puisque c’est carrément une clameur qui s’est échappée de la gorge de notre interlocuteur principale à ses quelques paroles de bonne blague. Cela ne suffit cependant pas pour chasser le stress lié au manque de ressource financière qui se profile.

Par Manfoya OKRY

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