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Sacré Aïvo

«Quelle est selon vous la valeur d’une élection monopartite en démocratie». C’est le sujet proposé par Joël Aïvo en mai dernier à ses étudiants en master. Ce sujet émanant de ce mandarin du droit constitutionnel est-il banal ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

Un tel sujet proposé par ce professeur titulaire est loin d’être un cirque politique sur audience pour étudiants. La période de composition et le contexte ne sont pas des repères anodins. Ce serait mal connaitre ce bonze du droit qu’est Joël Aïvo.

Parlant de période de composition, on était en mai 2019. Cette période est évocatrice à plus d’un titre. On était au lendemain des législatives exclusives du 28 avril 2019 dont les séquelles vivaces sont encore là pour notre pays.

En effet, de récents faits politiques ont écumé notre pays dans le cadre du scrutin législatif. Joël Aïvo s’en sert et ceci à travers une évaluation. Objectif, affiner davantage la prise de conscience des étudiants d’aujourd’hui, leaders et responsables de ce pays de demain. Il ne peut en être autrement pour plusieurs raisons.

D’abord, dans un pays comme le Bénin, où la démocratie vieille de 30 ans s’est étiolée et n’offre plus de perspectives pour la pluralité de l’opinion, il fallait agir. Surtout que l’élection monopartite qui a eu lieu le 28 avril 2019 n’a fait qu’attaquer le centre de gravité de notre modèle de démocratie.
Conséquence, avec cette élection monopartite, des marqueurs sociologiques ont été déstructurés mais ventilées comme dans un grand bazar. Face à cette situation, un intellectuel de la trempe de Joël Aïvo ne peut rester indifférent.

Ensuite, c’est un impératif pour lui lui qui enseigne le droit constitutionnel d’éveiller la conscience des cadres de demain en contredisant le discours de certains théoriciens de l’élection monopartite. Cela est d’autant nécessaire quand ces précepteurs déphasés, comme Abraham Zinzindohoué, dans un véritable complot continuent de manipuler l’opinion en affirmant que l’élection monopartite est de nature à apporter une valeur ajoutée à la démocratie. Ce qui n’est qu’une vue étriquée quand on sait qu’en matière d’élection dans un système démocratique, seuls les mécanismes constitutionnels comptent.

Et face à tous ceux qui aujourd’hui hurlent et s’égosillent urbi et orbi pour nous persuader qu’il en sera ainsi et non autrement, le résultat est déjà connu de tous. Il faut donc un peuple aguerri qui tire des leçons de ce recul de notre démocratie pour ne pas avoir à les rééditer demain. S’unir, se mobiliser et consacrer toute une énergie pour faire ce combat ne doit pas être vain.

En outre, si Joël Aïvo tient à éveiller la conscience des jeunes pour débouter ceux qui cherchent à établir durablement, un rapport entre démocratie et monopartisme. Il ne peut y avoir de liens entre les deux en dépit de la violence et de l’instinct naturel aveugle. Surtout que l’élection monopartite a transgressé la Constitution par dérivation, une notion complètement inconnue du droit béninois.

Et comme le Bénin s’interroge sur son avenir en tant que Nation après ce scrutin du 28 avril 2019, il est également du devoir des intellectuels d’apporter leur part de contribution pour réengager ce même combat contre l’élection monopartite.

Alors, on comprend le motif de satisfaction de ce sémillant constitutionnaliste qui se donne aussi les moyens d’assécher intellectuellement ce courant de pensée qui charrie que : «l’élection monopartite et démocratie sont liés».

Par Titus FOLLY

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