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Sous-emploi et pauvreté : le travail de sexe, l’alternative aux conséquences négatives

Nonobstant le taux de croissance appréciable de l’économie béninoise, le panier de la ménagère rencontre des difficultés pour se remplir. Pour pallier à l’amenuisement des revenus issus des sources formelles, une certaine frange de la gent féminine a développé une certaine habitude. Sous le sceau de l’anonymat, elles nous livrent les raisons qui les a poussé à faire ce choix.

La morosité économique astreint certaines catégories de femmes à chercher d’autres moyens de subvenir à leurs besoins. Bien différentes des professionnelles du sexe, ces femmes se définissent comme usant de leur sexe pour faire face aux exigences pécuniaires de leur quotidien.

En effet, des élèves aux étudiantes en passant par les serveuses, gérantes de boutique et autres agences de ventes de menus articles, ces femmes vivent, pour la plupart, au-dessus des gains issus de leur travail ou de l’argent que leur donnent leurs parents. Même si les arguments avancés par ces dernières pour justifier leur choix sont semblables, il n’en demeure pas moins important de les étudier cas par cas.

Les jeunes femmes qui vivent au-dessus du fruit de leur travail sont légion. La gérante d’une entreprise de photocopie et vente d’articles divers à Cotonou, Elisabeth H. I., jeune femme de 24 ans, a donné son avis sur la question. Elle a commencé par justifier son choix.

«Je travaille chaque jour de huit heures à 20 heures et je gagne moins de 50.000 FCFA par mois. Je dépense 500 FCFA pour mon déplacement quotidien et 1000 FCFA pour mes repas. Je loue une maison qui coûte 20.000 FCFA le mois. Avec l’électricité, les frais de téléphone, l’habillement, les produits de beauté et autres, je me retrouve à environs 70.000 FCFA de dépenses par mois», a-t-elle confié, avant de poursuivre : «…j’avais des amies qui gagnaient moins que moi mais qui ne manquaient de rien et vivaient bien mieux que moi. Elles m’ont expliqué qu’il faut que j’utilise le corps que Dieu m’a donné pour vivre comme je l’entends. Au début j’avais l’impression de me prostituer mais peu à peu je me suis sentie à mon aise», a-t-elle affirmé.

Même si ces femmes soutiennent être différentes des professionnelles du sexe, elles ont un point commun, le même point de départ : l’argent.

«C’était difficile au début. Je n’avais pas l’habitude de regarder un homme dans les yeux pour lui demander de l’argent en échange d’une partie de plaisir. Mais quand vous avez besoin d’argent et vous savez que personne ne vous en donnera sans quelque chose en échange, vous apprenez à mettre votre honneur de côté pour parer au plus urgent. Aujourd’hui j’ai des partenaires qui me sollicitent quand ils en ont besoin. De même, je continue d’en chercher carplus on en a plus on a de chance de ne pas retomber dans la souffrance», a renseigné Elisabeth H.I.

Les femmes qui monnayent leurs corps parce que leur salaire ne leur suffit pas ne se voient pas comme des prostituées.

«Non. Je ne me prostitue pas. Je suis célibataire. J’ai des partenaires. Des hommes avec qui je prends du plaisir. Ce n’est pas tous les jours que je prends de l’argent chez eux. Il y a certains chez qui je ne prends plus d’argent parce qu’ils m’ont acheté un portable ou payé plusieurs mois de mon loyer ou parce qu’ils m’ont soutenu à un moment ou à un autre», se défend Elisabeth H.I.

Objectif : satisfaire la folie des grandeurs

La séduction de la gent masculine autrefois mal vue se mue en nécessité pour les élèves et étudiantes qui ont envie de vivre une vie de rêve.

«Avoir un portable qui coûte des centaines de mille, des vêtements de marques, des bijoux et fréquenter des endroits chics, c’est le rêve de toute jeune femme».

C’est en ces termes que Éloïse G, étudiante en deuxième année de marketing et communication a justifié son choix d’user de son charme pour vivre au-dessus des moyens dont disposent ses parents.

En effet, à en croire la jeune femme de Cotonou, ses géniteurs ne peuvent lui offrir ce qu’elle désire avoir.

«Mes parents ne savent pas comment je paye ma contribution ni mes vêtements et autres. Avant quand je leur demandais de l’argent pour mes besoins ils commençaient à crier comme si j’exigeais quelque chose d’impossible. Mais aujourd’hui, c’est moi qui donne à mes frères et sœurs», a-t-elle soutenu.

La conception des femmes qui étudient et celles qui travaillent de cette triste réalité est la même.

«Je ne suis pas une prostituée. J’ai des hommes avec qui je sors, c’est tout. C’est vrai qu’ils sont mariés pour la plupart mais je suis encore jeune et j’ai le temps de faire mon choix quand je serai prête. Pour le moment je prends du plaisir en même temps que mes partenaires m’épargnent de tout souci d’argent», a-t-elle expliqué.

Comme Éloïse G., Marise A., élève au second cycle de l’enseignement secondaire du Bénin, est abonnée à cette pratique. Contrairement aux femmes ci-dessus citées, elle revendique son droit d’agir comme elle le veut.

«Je suis libre de faire ce que je veux. Je suis majeure. J’ai plusieurs hommes avec qui j’ai des relations mais ce n’est pas le problème de quelqu’un. Les hommes ont plusieurs copines mais personne n’y trouve à dire. Moi je sors avec des hommes capables de m’entretenir, je ne fais pas la comédie comme certaines femmes», a-t-elle affirmé.

Poursuivant sur sa lancée, Marise A. a fait comprendre que ses motivations ne sont pas les mêmes que celles des femmes ci-dessus citées. «J’aime les hommes qui dépensent pour moi car les hommes dépensent sur les femmes qu’ils aiment», a-t-elle confessé.

Un piège futuriste

L’attraction de certaines femmes pour l’argent les rattrape à un moment donné de leur vie. En effet, c’est au moment de se stabiliser avec un homme que les femmes qui s’adonnent à des formes données de prostitution commencent à subir les conséquences de leurs actes.

«Les femmes ignorent que les hommes dépensent pour prendre du plaisir mais qu’ils ne sont pas prêts à les épouser. Aucun homme censé n’épouse une femme avec qui il s’est livré à des choses pas très catholiques. Et les jeunes femmes dans leur désir de séduire les hommes qui leur donnent de l’argent rivalisent d’ardeur pour mimer les stars des films pour adultes», a affirmé Ernest Dovonou, enseignant à la retraite.

«De même, une femme qui a déjà fait le tour des hommes mariés de la ville ne présente plus un intérêt quelconque pour un jeune homme qui a envie de se marier. Et c’est là le vrai piège qui guette ces femmes qui vendent leurs charmes. Elles multiplient leurs chances de finir seules», a-t-il conclu.

L’alternative trouvée par une certaine frange de la couche féminine du Bénin pour joindre les deux bouts ou vivre comme dans un feuilleton ne conduit pas à bon port.

Mais malgré les risques, les jeunes femmes n’hésitent pas à faire le grand saut pour rejoindre le rang des femmes ‘’branchées’’. Et cette forme de prostitution prend de l’ampleur, inexorablement, au grand damne de la morale.

Par Nafiou OGOUCHOLA

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