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Stockage de produits pour revente au Bénin : entre risques et opportunités commerciales

Stocker des produits pour les revendre en temps de pénurie ou de forte demande à un coût élevé, c’est une stratégie commerciale répandue dans les contrées béninoises. Un procédé commercial très profitable mais en même temps fatal sachant que le produit peut prendre de la valeur ou connaître une déflation.

Commerçante de vivres dans la commune d’Abomey-Calavi, Rose Dannon est reconnue pour les produits de contre saison. Du Nord au Sud, elle parcourt les contrées béninoises toute l’année pour payer des produits notamment agricoles qu’elle emmagasine pour remettre sur le marché durant la période de raréfaction.

Logée à Agouna dans la commune de Djija au Sud Bénin, dame Monique Toffa en fait de même. Comme ces deux, certaines coopératives villageoises rencontrées au centre du Bénin, notamment à Dassa et Savalou utilisent la même stratégie. En amont, une étude du marché et des saisons agricoles; et c’est dame Monique Toffa qui explique : «Nous suivons la tendance du marché et des saisons. Selon les évolutions, les paysans eux-mêmes peuvent nous filer des informations selon laquelle, tel ; produit prendra de la valeur vu la pluviométrie ou les réalités de la saison écoulée».

En effet tout part de simples supputations. C’est ce que confirme Rose Dannon qui déclare : «l’an dernier par exemple, on nous a expliqué que les plans de piment ont fleuri avec retard. Le produit prendra donc de la valeur et donc on doit stocker d’avance».

A l’en croire, ce sont des échanges qui ont cours entre les habitués du marché du produit et les paysans. Les prévisions commencent donc dès lors que les plants fleurissent. Et Wabi Egounwolé, producteur de Cajou dans la commune de Djija éclaire : La période de floraison des plants est déterminante. Si les plants fleurissent très bien, on peut espérer une bonne saison en lien avec la fréquence des pluies». Une analyse qui est partagé par Maroufou Boussari, fermier à Monsourou dans la commune de Djija, qui émet une réserve: «La saison peut être très bonne, la pluviométrie également mais si les insectes ravageurs attaquent les semences, cela affecte aussi le rendement et peut faire monter les enchères autour du produit». Toujours estque cette stratégie de stockage de vivres pour les revendre plus tard est tributaire des réalités des saisons et du marché.

Des prévisions défaillantes

Basé sur un système aléatoire d’étude des saisons et du marché, la stratégie n’est pas toujours concluante. Le but visé par les commerçants en emmagasinant les produits à l’arrivée des raisons, c’est de pouvoir les livrer plus cher une fois la saison passée, en période de grande demande. Mais cela n’est toujours pas le cas.

En effet, du fait des aléas de la nature, il n’est pas rare de voir des produits annoncés pour prendre de la valeur sur le marché, ceux-ci restés statiques et pire connaître une chute du coût. C’est ce que témoigne Dame Monique Toffa : «en 2016, j’ai pris la bassine de piment à 16.000FCFA car on nous avait signalé que cela allait devenir cher. Mais par finir, le produit à connu une déflation. Les plus rapides d’entre nous ont eu la chance de livrer leur bassine après une première chute, 15.000 FCFA, 14.000 mais nous qui attendions le miracle, on s’est trouve obliger de revendre ça pour les uns à 12.000 et pour les autres à 10.000FCFA».

C’est donc les réalités du business confie-t-elle avant d’évoquer le cas de l’huile rouge qui a connu un mouvement contraire avec une grande augmentation du coût dans la période. En exposant la même situation, Rose Dannon croit savoir que c’est un business risqué «quand ça vient, on prend mais quand il y a perte, on comprend aussi» lance-t-elle avant de confier «je me souviens d’une saison où, nous avons payé de l’huile rouge à 9.000 FCFA le bidon que nous avons revendu plus tard à 15.000, 16.000 voire 18.000 FCFA pour d’autres, soit le double». C’est donc des risques que prennent constamment les acteurs de ce système qui ne s’appuient plus que sur une des prévisions ou des signes qui s’avèrent aléatoires, avec à l’arrivé des résultats tantôt concluant, tantôt désavantageux.

Mais une autre formule plus ou moins évoluée a vu le jour depuis quelques années, le warrantage, un procédé de préfinancement qui n’est pas aussi sans risque et que nous aborderont.

Par Bidossessi WANOU

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