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Talon-Yayi : le pardon selon les saisons

Boni Yayi a pardonné. Talon est revenu à ses pénates. Il a même brigué la magistrature et est aujourd’hui chef de l’Etat. Et voici Patrice Talon qui a fait la même chose. Mais ici, Boni Yayi doit quitter le pays. Avec les dernières contingences, faut-il admettre ce pardon comme une vertu politique ou s’agit-il d’un produit d’importation ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

Entre Boni Yayi et Patrice Talon, le combat qui dure depuis 2012, vient d’imposer encore le ‘’Pardon’’. Et pour la deuxième fois, ce mot a encore naturellement emballé le damier politique national.

En effet, face aux déchirements profonds entre les deux hommes, et au regard des derniers événements de Cadjèhoun et de Tchaourou, un impératif s’imposait. A défaut d’une réconciliation entre Talon et Yayi, il fallait recourir au pardon, à tout le moins. Il ne pouvait en être autrement.

En effet, la dernière fois, les narines des béninois ont été enrhumées par des odeurs pestilentielles des médicaments. Cette fois-ci, l’antagonisme n’a pas été diffus, sibyllin et secret. L’objectif était précis : ‘’neutraliser’’ Boni Yayi, prêt à toutes les manigances pour empêcher les élections exclusives.

Et pour ce faire, Patrice Talon a dû inventer un «Boni Yayi comme un dangereux personnage» qu’il faut coincer peu à peu par un casernement impitoyable. Maintenant, le but est atteint, Boni Yayi a quitté Cotonou contraint d’aller de se soigner mais aussi contraint de coller la paix au prince du moment.

Patrice Talon qui a pourtant perdu la bataille de Tchaourou doit se frotter les mains. Même si un terme a été mis à la résidence surveillée de son ennemi le plus irréductible, celui-ci a au moins quitté le pays. Mais avant, on a eu de la part du chef de l’Etat, la multiplication des gestes de repentance comme si on invoquait un devoir de mémoire pour exorciser un mal.

C’est pour cela que le pardon de Patrice Talon a le mérite de casser un enfermement mortel pour les deux hommes. Et dans le même temps, il brise (en attendant la suite de la procédure judiciaire contre Boni Yayi) l’animosité.

En brisant la haine, c’est que le pardon de Patrice Talon nous offre deux options intéressantes. Primo, c’est que le geste du chef de l’Etat imprime une dynamique identitaire. Car avant Boni Yayi, ce sont d’abord les fils de Tchaourou qui ont exigé la fin du casernement de leur frère.

Mieux, dans le contexte de la crise électorale actuelle au Bénin, le pardon de Patrice Talon va atterrir dans un réservoir de sens qui doit inspirer le politique et la politique.

Boni Yayi a pardonné. Son pardon a été matérialisé par le don d’une bible à Patrice Talon. C’était le 06 avril 2016, Patrice Talon a aussi pardonné et Boni Yayi ne mourra pas faute de soins dans sa résidence bouclée durant 50 jours.

C’est pour cette raison qu’avec le pardon de Patrice Talon, il faut éviter la fragilité tissée à la fois par la parole échangée et par l’action. L’une et l’autre sont précaires, la parole à cause des ténèbres du cœur humain qui peut en déformer le sens et l’intention.

Il faut donc surmonter ces fragilités en dépit des cendres brûlantes par le respect de la parole donnée. C’est lui seul qui est capable de neutraliser l’imprévisibilité du cœur humain pour éviter l’irréversibilité de la haine.

Par Titus FOLLY

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